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pascal-sombardier.com

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Topos et photos sur la montagne hors des sentiers battus, par l'auteur des Randonnées du vertige

Le rêve reprendra-t-il ?

Le rêve reprendra-t-il ?

Durant le confinement, mon blog a été très consulté. Il l'est encore plus depuis qu'on parle de déconfinement (entre 600 et 1300 vues quotidiennes), et je vous remercie de votre intérêt. Il fallait profiter de la situation pour lire, s’informer et se préparer à des jours qu'on espère meilleurs plutôt que de passer son temps à regarder des messages angoissants ou faux sur les réseaux sociaux.

Ce confinement a imposé des restrictions qu’il ne m’appartient pas de définir ni de commenter, le but principal étant de ne pas surcharger les services de secours et les hôpitaux en les sollicitant au moindre problème. C'était l'occasion de réfléchir à la manière dont se pratiquent aujourd'hui les activités de montagne.

Le tableau publié ci-dessous a de quoi surprendre : contrairement au sens commun, ce ne sont pas les activités techniques qui génèrent le plus d'interventions, mais la promenade et la randonnée à pied, et de très loin. Peut-être que la restriction des activités sportives serait mieux passée si les autorités avaient expliqué cette particularité dès le début ? Et sans doute n'en serait-on pas là si plus de gens partaient en montagne avec un peu plus de préparation et d'information, en évitant de demander une assistance pour une simple angoisse ou un bobo ? Cette attitude me paraît symbolique d'une société un peu trop gâtée, et profondément contradictoire avec l'esprit de la montagne.
Depuis le début du confinement, il y a malheureusement eu des opérations de secours lourdes pour des cas mortels comme au Néron, et d'autres plus légères, comme cette dame en talons en perdition dans un champ trop raide au-dessus de chez elle... Elles auraient pu - elles auraient dû - être évitées, et pas seulement durant cette période, mais d'une manière générale.

Ce document émanant du Système National de l'Observation de la Sécurité en Montagne me paraît intéressant dans l'absolu. Il concerne essentiellement la Haute-Savoie, l'Isère et les Hautes Alpes. Petite précision : l'abréviation nt qui apparaît avec un chiffre dans les décès signifie "non traumatique", c'est-à-dire décès survenus à cause d'un malaise cardiaque ou autre (hypothermie), et non suite à un accident.

Ce document émanant du Système National de l'Observation de la Sécurité en Montagne me paraît intéressant dans l'absolu. Il concerne essentiellement la Haute-Savoie, l'Isère et les Hautes Alpes. Petite précision : l'abréviation nt qui apparaît avec un chiffre dans les décès signifie "non traumatique", c'est-à-dire décès survenus à cause d'un malaise cardiaque ou autre (hypothermie), et non suite à un accident.

J'avais fait une enquête il y a quelques années pour Montagnes Magazine auprès des secouristes sur cette accidentologie étonnante, vu le grand nombre d'interventions auprès des randonneurs. Ce phénomène est récurrent depuis des décennies, mais il est malheureusement peu connu. S'il l'était davantage, on verrait peut-être un peu moins d'accidents dus à l'impréparation.

En fait, comme tout le monde fait de la randonnée, et pas seulement des sportifs entraînés ou expérimentés, on trouve des gens qui peuvent avoir un malaise, ou une crise cardiaque, ou une simple entorse. Parfois, ils se perdent, même sur des sentiers balisés (certains disparaissent et il faut les rechercher pendant des jours), ou ils sont angoissés et ont peur de ne pouvoir assurer le retour. Parfois, ils sont simplement fatigués, et dans tous ces cas, ils n'hésitent pas à prendre leur portable pour appeler l'hélico. Les secours concernent assez peu ceux qui s'engagent sur des itinéraires vraiment aventureux et qui savent - en principe - ce qu'ils font. Toutefois, il me semble que les pratiquants de la plupart des disciplines manquent de plus en plus d'autonomie et tombent un  peu trop facilement dans le recours à l'assistance au moindre pépin. 

Je ne jette la pierre à personne. C'est humain, et on peut être fier d'avoir un système de secours si performant et disponible. Mais ces habitudes, un peu trop citadines sans doute, nous les payons aujourd'hui. Il était difficile de les encourager, surtout avec la météo qui était divine (quel gâchis !), l'absence de neige et la disponibilité des gens, des facteurs qui, en rallongeant d'entrée la saison, risquaient de multiplier les problèmes.

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Eddy 15/05/2020 16:36

Bonjour, à mes yeux l'activité randonnée est la porte d'entrée aux autres disciplines plus techniques et spécifiques. J'imagine que c'est par celle-ci que l'on découvre le milieux montagnard, celle ou l'autonomie sans trop d'expérience est envisagé par une personne débutante mais également celle qui est pratiquée par le plus grand nombre . Une des solutions à cette grande accidentologie ne serait elle pas d'encourager l'accompagnement et la formation des nouveaux pratiquants à la randonnée ?

Merci pour votre blog, vos partages, et vos topos.

Stephane 26/04/2020 18:24

Merci pour le partage et l'analyse. J’étais moi aussi très perplexe et frustre par cette interdiction, mais je me rends compte qu'il y a des arguments qui se défendent.
La gratuite des secours en montagne est un vieux débat. Et quelque part celui-ci rejoint celui de notre approche du confinement, dans un pays très protecteur et très porté sur l’assistanat, mais qui a fortement tendance a déresponsabiliser les gens...

% 26/04/2020 17:55

Moi je lis 50% des interventions sur les activités autres que randonnée à pied ou raquettes. C est qd même pas une paille... vu que je doute que le nombre de pratiquants soit lui a 50/50.... accidentologie donc bp plus élevée sur les sports « à risque »

Pascal Sombardier 27/04/2020 10:20

Le but de mon article n'est pas de stigmatiser l'une ou l'autre des catégories de pratiquants. Il s'agissait d'abord d'informer sur le fait que la randonnée (et même la simple promenade apparemment) peut être génératrice d'interventions de secours, et qu'elle l'est même majoritairement, contrairement à une croyance répandue. Même si l'on prend en compte votre calcul, on ne peut considérer comme normal qu'une activité a priori peu risquée arrive au même niveau d'accidentologie que toutes les autres réunies (la plupart étant, elles, à risque). D'autre part, je soulignais le fait que notre mode de vie nous poussait à avoir recours à l'assistance de manière parfois abusive. Mais cela ne concerne pas que les randonneurs. C'est vrai aussi pour l'alpinisme, la rando à skis, le canyoning, le parapente, etc. Mieux vaut prévenir que guérir.

Fumat 26/04/2020 13:51

Bonjour je viens de lire vos chiffres ont avais eu le même constat dans le TP version (lignard. Monteur de ligne aérienne. Les chutes était très rare que ce soit en ligne bta hta. Tht les accident qui revenait était entorse ou chute de sa hauteur mais rarement des chutes de poteau ou pylône .pour le randonneur le piege est dans la perte de vigilance ou l inattention j ai fait toute ma carrière comme monteur de ligne aérienne .merci pour votre blog super qui m aide a passé le confinement

Pascal Sombardier 26/04/2020 13:57

Merci. Ce ne sont pas "mes" chiffres (-;