Topos et photos sur la montagne hors des sentiers battus, par l'auteur des Randonnées du vertige
23 Mai 2026
La rando présentée ici constitue un must en matière de "sarderies". D'abord par son extrême sauvagerie. On est loin de tout, dans un décor tourmenté, cerné par d'impressionnantes falaises yosémitiques, le terrain est difficile, et s'y repérer demande un peu d'intuition. Si tout se passe bien, ces efforts sont récompensés par la visite de deux curiosités locales exceptionnelles : la "sala degli archi" (la salle des arches) et la "rutta 'e s'Abba" (la grotte de l'eau). La première est un ensemble de quatre arches décorant délicatement un promontoire rocheux qui domine la codula di Luna, ce long vallon qui mène à une des plus belles plages de la Méditerranée. La seconde est une des plus remarquables grottes sauvages de Sardaigne. Elle ne paye pas de mine vue de l'extérieur, mais apparaît rapidement comme un extravagant palais orné de colonnes colorées, de gours reptiliens et de dentelles de pierre. Une féerie !
Le mont Garbau (à gauche) et les falaises que l'on va longer vers la gauche vues de Teletotes. Teletotes est le terminus d'une invraisemblable petite route goudronnée qui descend assez bas (à 200 m) dans la codula di Luna depuis l'Orientale Sarda au niveau d'Urzulei. De là, un panneau indique la cala (plage) di Luna à 4 h 30.
Je ne donne pas de topo, le tracé Wikiloc que j'ai utilisé étant suffisamment explicite et le parcours bien cairné. Quelques points méritent toutefois un commentaire :
- Vous ne rêvez pas : le départ se fait sur un sentier balisé, le n° 181 même. C'est assez rare en Sardaigne pour être souligné. Malheureusement - ou heureusement -, pour aller vers notre destination, il faut le quitter au bout de 30 minutes et partir à gauche le long des falaises. On arrive ainsi au col situé derrière le spectaculaire et monolithique mont Garbau.
- De là, pour aller à la salle des arches, il faut descendre une pente raide, alternant barres rocheuses et pierriers pendant une trentaine de minutes. On aperçoit la plus grande des arches sur une avancée rocheuse (tirer à droite à la fin). Il faut ensuite remonter ce même parcours pour retrouver le chemin qui va à la grotte 'e s'Abba (inutile de remonter tout en haut au col : une sente coupe avant).
- La traversée vers la grotte comporte des passages escarpés, des pierriers, des dalles... et il faut compter plus d'une heure depuis la jonction avec la sente qui vient du monte Garbau. Bien suivre les cairns. La grotte ne paye pas de mine, mais après un ramping de quelques mètres, on se dit que ça en valait la peine...
- Le parcours Wikiloc propose de continuer après la grotte avant de redescendre dans la codula di Luna. En cas de grosse fatigue, il vaut mieux revenir par le chemin de l'aller, parce que ce retour par la codula di Luna demande bien deux à trois heures de plus.
- Notez qu'une sente descend le couloir de la sala degli archi et rejoint la codula. En fait, le plus logique serait de rendre d'abord visite à la grotte en aller-retour et de descendre par ce couloir jusqu'à la codula di Luna en s'arrêtant au passage à la sala degli Archi (sente raide et chaotique toutefois).
Voir situation générale sur cette carte, où j'ai tracé en bleu clair fluo le parcours proposé ici. La boucle toute proche (même départ) de la voragine di Esone, que nous avions effectuée deux ans auparavant, est tracé en bleu foncé.
Le monte Garbau se présente comme une fière tour rocheuse. Depuis Teletotes, il faut environ 1 h 15 pour aller au col à sa droite.
Du col, on descend sur une trace raide vers la sala degli Archi. La plus grande de ces arches apparaît sur le promontoire rocheux qu'il faut rejoindre par la droite.
Une fois sur "su Piggiu Longu", nous sommes fascinés par le caractère "yosémitique" des falaises qui nous dominent. Bien qu'il s'agisse de calcaire, les parois sont lisses comme celles du célèbre massif granitique californien.
La trace est bien cairnée, et heureusement, car elle ne cesse de monter et descendre dans un terrain tourmenté.
Nous rentrons par le chemin de l'aller. En connaissant, ça va plus vite. Ici, on a déjà passé le col sous le monte Garbau.
À voir sur ce blog dans le même secteur :
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La voragine di Esone - pascal-sombardier.com
Voragine est un mot italien qui signifie "gouffre" (1). Celui-ci s'ouvre sur le rebord des hauts plateaux des Supramonte de Baunei, au lieu-dit "Campu di Esone", dans un des endroits les plus perdus
https://www.pascal-sombardier.com/2024/06/la-voragine-di-esone.html