Topos et photos sur la montagne hors des sentiers battus, par l'auteur des Randonnées du vertige
16 Décembre 2025
Au cœur d'"Arches", l'un des parcs nationaux les plus visités de l'Utah, se trouve un labyrinthe rocheux d'une exceptionnelle beauté. On peut s'y aventurer à condition d'avoir réservé un permis plusieurs jours à l'avance (8 € en 2025). Le nombre de visiteurs est limité à 75 quotidiennement, parmi lesquels il faut compter deux groupes de 25 encadrés par les Rangers. Il reste donc de la place pour 25 personnes évoluant en autonomie, ce que nous avons fait avec Jean-René Bouvier et Isabelle Lebrun. Pour éviter le bruit et les hurlements, il est interdit de randonner en groupe de plus de 6 personnes et les enfants de moins de 5 ans ne sont pas autorisés.
Ce règlement peut paraître draconien, mais la gentillesse et l'enthousiasme des rangers convainquent de l'utilité de la chose. Sans la moindre présence policière, nous avons suivi à la lettre leurs recommandations, que tout le monde semble d'ailleurs respecter.
Fiery Furnace - "la fournaise ardente" - tire son nom de l'aspect rougeoyant des rochers, en particulier au lever du soleil (photo Jean-René Bouvier).
La veille de leur visite, les randonneurs autonomes doivent assister à une séance de sensibilisation à la fragilité de l'écosystème qu'ils vont traverser. Les Rangers insistent sur l'importance de ne marcher que sur le rocher ou dans le lit des oueds (washes), et surtout pas sur la fragile biocroûte ou le sable qui abritent les racines de plantes. Il faut également éviter les flaques de boue séchée qui contiennent des larves d'amphibiens.
Il faut régulièrement mettre les mains sur le rocher pour passer les nombreux obstacles de ce labyrinthe, mais le jeu consiste surtout à ne pas se perdre. À part dans quelques endroits tortueux, ce n'est pas vraiment difficile, surtout que quelques rares flèches de direction permettent de suivre l'itinéraire menant à la sortie. Encore faut-il ne pas passer à côté sans les voir, car elles sont petites et d'une couleur proche de la roche pour ne pas dénaturer l'environnement. Sans faire trop d'erreurs, trois à quatre heures sont nécessaires pour boucler la boucle.
Nous avons dû faire machine arrière à plusieurs reprises pour reprendre pied sur le chemin principal (photo Jean-René Bouvier).
On se trouve souvent face à une série de failles. Le tout est de trouver la bonne, et là, les flèches sont bien utiles.
À ce niveau, nous sommes passés devant une flèche sans la voir (il fallait tourner dans la brèche à droite), d'où une bonne vingtaine de minutes de galère...
Le soleil donne bientôt à la verticale. Je me retrouve sous le feu des projecteurs (-: photo Jean-René Bouvier).
Les derniers passages sont équipés de rambardes et de marches. Peut-être pour prévenir la fatigue supposée des randonneurs en fin de parcours ?
D'autres photos et commentaires à voir sur l'album photo de Jean-René Bouvier : https://photos.app.goo.gl/bDLc2TL8cgmr7VFC7
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À voir sur ce blog quelques considérations sur la gestion des parcs américains :
Et aussi :
Les slot canyons - pascal-sombardier.com
Slot peut se traduire par fente, rainure, sillon, encoche... Un slot canyon est donc une fente étroite creusée par l'eau dans le calcaire ou le grès. Wikipédia utilise l'expression "canyon en ...
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