Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
pascal-sombardier.com

Topos et photos sur la montagne hors des sentiers battus, par l'auteur des Randonnées du vertige

Surfréquentation, incivilités, imprudences... Que nous dit le modèle américain ?

"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui le regardent sans rien faire." (Albert Einstein)

_________________________________

Novembre 2025 : l'administration Trump et son anti-écologie viscérale ont les parcs dans le nez. Elle a triplé les tarifs d'entrée (pour les étrangers) et réduit le personnel. C'est à voir ici : Les parcs américains vont devenir plus chers.

__________________________________________

Un voyage en Utah effectué en juillet 2025 avec Jean-René Bouvier et Isabelle Lebrun - qui ont une expérience des USA vieille de plusieurs décennies - m’a suggéré ces quelques réflexions sur la gestion des espaces naturels. Sans forcément prendre parti pour l’un ou l’autre modèle, on peut se demander s’il ne va pas falloir un jour réformer radicalement le nôtre, et peut-être se rapprocher de celui qui est en vigueur aux États-Unis depuis plus d'un siècle. J’irai jusqu’à dire :  aurons-nous d'autres choix ?

______________________________

Depuis le déconfinement du Covid19 (2020), le patrimoine naturel français est confronté à une arrivée massive de nouveaux pratiquants et à des comportements parfois incompatibles avec la préservation de l'environnement (voir l'exemple du Lauvitel ou celui du lac de la Muzelle). On assiste même à des rave-parties organisées dans des sites protégés sans que personne n’ose intervenir. À cela s’ajoute la multiplication des imprudences de la part de personnes insuffisamment préparées et les secours saturent.

Dans la grande tradition française (“pour chaque solution, on crée un problème”), les rares décisions prises par l’État, les communes et diverses institutions ont parfois envenimé la situation en créant des conflits, des interdictions, des crispations et des frustrations. Une attitude courante consiste à vouloir tenir cachés les sites les plus attractifs au lieu d’en organiser la fréquentation. Pire encore, des lois votées en catimini donnent la priorité à des intérêts privés, par exemple à des sociétés de chasse à but commercial. Le psychodrame récent survenu en Chartreuse aurait peut-être pu être évité en étudiant un peu plus ce qui se fait ailleurs.

Voir la suite du texte plus bas

Dans l'un des parcs nationaux les plus connus et les plus fréquentés de l'Utah, "Delicate" est sans doute la plus mythique des arches. Les gens font la queue pour la photo et le défilé est incessant de l'aube jusqu'au soir. L'accès se fait heureusement sur des dalles de grès, ce qui limite l'érosion des sols.

Dans l'un des parcs nationaux les plus connus et les plus fréquentés de l'Utah, "Delicate" est sans doute la plus mythique des arches. Les gens font la queue pour la photo et le défilé est incessant de l'aube jusqu'au soir. L'accès se fait heureusement sur des dalles de grès, ce qui limite l'érosion des sols.

Le secteur Windows d’Arches National Park est le plus visité. Il faut dire que son accès est rapide et que les arches sautent aux yeux des passants. Parmi elles, la grande Double arch est réellement spectaculaire et la foule peut s'y rendre sans restrictions par un chemin d'accès bétonné.

Le secteur Windows d’Arches National Park est le plus visité. Il faut dire que son accès est rapide et que les arches sautent aux yeux des passants. Parmi elles, la grande Double arch est réellement spectaculaire et la foule peut s'y rendre sans restrictions par un chemin d'accès bétonné.

La gestion des parcs US

Aux USA, les parcs sont organisés pour préserver et réglementer de façon sévère les territoires d’exception. Pour mémoire, voici l’essentiel des mesures prises : 

  • L’accès est payant pour environ 30 % des institutions gérées par le pouvoir fédéral, soit 67 National Parks répartis sur 27 états. Un forfait de 80 $ par voiture de 4 passagers permet d’entrer dans tous les parcs nationaux à l’année (fin 2025, l'administrration Trump a triplé cette somme. Voir cet article : Les-parcs-americains-vont-devenir-hors-de-prix). Plus de 300 autres institutions dépendantes du pouvoir fédéral (par ex. les 130 National Monuments) demandent un droit d’entrée, généralement assez symbolique.
  • Pour les autres (quelques centaines de State Parks, gérés par chaque état concerné), le prix est variable, de même que pour ceux gérés par les tribus indiennes (dont Monument Valley)
  • Le prix est raisonnable. Il dépasse rarement 10 $, mais atteint 120 $ par personne pour la visite des arches de Monument Valley, propriété des Indiens Navajos.  
  • Pour certains endroits protégés et réglementés, il faut un permis spécial qui n’est jamais très cher (de 5 à 20 dollars) et parfois gratuit, mais les amendes en cas d’infraction peuvent atteindre plusieurs milliers de dollars. Certaines pratiques sportives (escalade, canyons, rappels…) sont autorisées avec un de ces permis spéciaux, délivré à un nombre de personnes limité quotidiennement. Les pratiquants sont parfois invités à assister préalablement à une information à base de conférences et de vidéos réalisées par les Rangers (par ex. à Fiery Furnace dans Arches National Park).
  • On peut facilement contacter les Rangers dans les “Visitor centers” que l’on trouve à l’entrée des parcs. Ils fournissent toutes sortes d’informations utiles et sont toujours prêts à discuter pour vous aider à réaliser au mieux votre sortie. En revanche, ils sont intraitables si une infraction est constatée, et ils sont souvent en patrouille sur le terrain.
  • L’argent récolté sert d’abord au fonctionnement des parcs. Les institutions françaises se plaignent à juste titre d’un manque de moyens et de personnel. Voilà peut-être une solution. Les fonds collectés permettent aussi la création d’infrastructures. Ainsi, il y a toujours un visitor center proche de chaque site, et toujours des toilettes sèches sur les parkings, même après des kilomètres de piste en plein désert. On trouve aussi des panneaux d’information, des aménagements sur les sentiers les plus fréquentés pour éviter l’érosion, et des barrières pour éviter l’éparpillement des touristes dans les endroits les plus sensibles.
  • Les réglementations se résument généralement ainsi : pas de feu, de véhicules, de graffitis, de cairns, de pose d’équipements (sauf après concertation), de chiens, interdiction de camper ou de bivouaquer en dehors des emplacements dédiés, de sortir des sentiers (sauf permis spéciaux), de chasser, de donner à manger à la faune… Dans certains secteurs, il est même interdit de faire ses besoins et on doit les ramener dans un sac en plastique. Quelques anciennes propriétés privées sont autorisées à exercer leurs activités (des fermes d'élevage surtout), mais il faut qu'elles soient approuvées par les parcs, et leur activité est surveillée.

Voir la suite du texte plus bas

Certains sites requièrent un permis spécial alors qu'ils se trouvent à l'intérieur de parcs nationaux. C'est le cas du labyrinthe rocheux de "Fiery Furnace" (la chaudière en feu, photo de droite), pour lequel il faut payer 10 $ par personne et regarder une vidéo au "Visitor center" d'Arches National park, complétée par un entretien avec les Rangers (photo de gauche). On est ainsi paré pour savoir quoi faire et ne pas faire afin de respecter la biodiversité.

Certains sites requièrent un permis spécial alors qu'ils se trouvent à l'intérieur de parcs nationaux. C'est le cas du labyrinthe rocheux de "Fiery Furnace" (la chaudière en feu, photo de droite), pour lequel il faut payer 10 $ par personne et regarder une vidéo au "Visitor center" d'Arches National park, complétée par un entretien avec les Rangers (photo de gauche). On est ainsi paré pour savoir quoi faire et ne pas faire afin de respecter la biodiversité.

Limité à 75 visiteurs par jour (dont deux groupes de 25 encadrés par les Rangers), Fiery Furnace est un endroit exceptionnel et complexe où l'on peut se perdre. Il faut chercher son chemin sur plusieurs kilomètres et ce n'est pas toujours simple.

Limité à 75 visiteurs par jour (dont deux groupes de 25 encadrés par les Rangers), Fiery Furnace est un endroit exceptionnel et complexe où l'on peut se perdre. Il faut chercher son chemin sur plusieurs kilomètres et ce n'est pas toujours simple.

Les Rangers connaissent leur affaire. Ainsi nous ont-ils conseillé d'accéder à Skyline arch (Arches NP) par derrière. Sur la photo du haut, on voit des gens dans l'ouverture du côté de la route, mais en fait, l'arche est inaccessible par là. Nous n'avons pas regretté le spectacle que nous a finalement offert cette arche en son sein.

Les Rangers connaissent leur affaire. Ainsi nous ont-ils conseillé d'accéder à Skyline arch (Arches NP) par derrière. Sur la photo du haut, on voit des gens dans l'ouverture du côté de la route, mais en fait, l'arche est inaccessible par là. Nous n'avons pas regretté le spectacle que nous a finalement offert cette arche en son sein.

Exemple de digression technique pour lequel nous avions demandé un permis (accordé gratuitement) : "U-turn", située près de l'entrée de Arches National Park. Quelques crapahuts et  5 ou 6 rappels permettent d'évoluer parmi les étonnantes sculptures de "Park Avenue" (visibles dans l'ombre sur la gauche de la photo du haut). À droite en bas, Jean-René sous son esquimau géant.

Exemple de digression technique pour lequel nous avions demandé un permis (accordé gratuitement) : "U-turn", située près de l'entrée de Arches National Park. Quelques crapahuts et 5 ou 6 rappels permettent d'évoluer parmi les étonnantes sculptures de "Park Avenue" (visibles dans l'ombre sur la gauche de la photo du haut). À droite en bas, Jean-René sous son esquimau géant.

Un modèle pour la France ?

Les avantages

Aux USA, les réglementations liées à un système mis en place il y a plus d'un siècle fonctionnent bien. Dans les endroits les plus fréquentés, la foule est canalisée et la majorité des visiteurs repart sans laisser de traces de son passage. Du fait d’une communication efficace et omniprésente, il semble que tout le monde comprend l'intérêt des réglementations. Le montant des amendes est de toute façon très dissuasif. Le travail des Rangers est reconnu et ils jouissent d’une très bonne réputation - et même d'un certain prestige - grâce à leur disponibilité et à leur compétence. 

Un quota à ne pas dépasser évite la surfréquentation là où cela est nécessaire. C’est évidemment le souci premier dans les zones sensibles, pour lesquelles un permis spécial peut être délivré. Dans certains endroits (the South Wave par exemple), on ne laisse entrer qu’une dizaine de personnes par jour et le permis est difficile à obtenir. De même pour les activités sportives (canyons, rappels, escalade…), très surveillées. À noter qu’on peut toujours exposer un projet particulier aux Rangers, lesquels examineront sa faisabilité en fonction de critères environnementaux ou autres.

____________________________________

Surfréquentation, incivilités, imprudences... Que nous dit le modèle américain ?

Le tableau ci-dessus donne des chiffres calculés par les états français et américain comparant les parcs dans chacun des deux pays. Il montre clairement que :

  1. les USA dépensent près de 50% de plus par km² de parc
  2. les Américains paient individuellement 14 fois plus pour leurs parcs que les Français
  3. les Américains ont plus de 10 fois plus de surface de parc par habitant que nous
  4. les parcs américains occupent 3 fois plus du territoire que les nôtres

Voir la suite du texte plus bas

Plusieurs milliers de touristes viennent admirer chaque jour les joyaux du parc national "Arches", qui en compte près de 2000. L'une des plus célèbres est évidemment Landscape arch, qui fut longtemps considérée comme la plus grande du monde avec ses 93 mètres d’envergure, avant qu'on en découvre quatre autres encore plus grandes en Chine. L'affluence est telle que le parc a dû interdire d'aller dessus après un éboulement partiel, et même de l'approcher au-delà de cette barrière.

Plusieurs milliers de touristes viennent admirer chaque jour les joyaux du parc national "Arches", qui en compte près de 2000. L'une des plus célèbres est évidemment Landscape arch, qui fut longtemps considérée comme la plus grande du monde avec ses 93 mètres d’envergure, avant qu'on en découvre quatre autres encore plus grandes en Chine. L'affluence est telle que le parc a dû interdire d'aller dessus après un éboulement partiel, et même de l'approcher au-delà de cette barrière.

La plupart des touristes s'arrêtent à Landscape arch. Rares sont ceux qui poursuivent sur le "Primitive trail" qui permet de découvrir d'autres arches tout aussi belles quoique moins grandes. Cette randonnée de quelques heures, bien qu'assez engagée, peut se faire sans permis spécial.

La plupart des touristes s'arrêtent à Landscape arch. Rares sont ceux qui poursuivent sur le "Primitive trail" qui permet de découvrir d'autres arches tout aussi belles quoique moins grandes. Cette randonnée de quelques heures, bien qu'assez engagée, peut se faire sans permis spécial.

De l'autre côté de Moab s'étend Canyonlands, un autre parc national si grand et désertique qu'on peut difficilement s'y rendre autrement qu'en 4x4. Mais là, il faut un permis spécial et les Rangers veillent. Après deux heures de piste pour aller voir Musselman arch, nous sommes tombés sur l'un d'eux qui nous a contrôlés et nous a donné quelques infos pour la suite.

De l'autre côté de Moab s'étend Canyonlands, un autre parc national si grand et désertique qu'on peut difficilement s'y rendre autrement qu'en 4x4. Mais là, il faut un permis spécial et les Rangers veillent. Après deux heures de piste pour aller voir Musselman arch, nous sommes tombés sur l'un d'eux qui nous a contrôlés et nous a donné quelques infos pour la suite.

Bryce Canyon est sans doute le plus beau des parcs, et aussi l'un des plus beaux endroits de la planète. Des chemins très bien aménagés permettent d'y circuler sans trop de restrictions, même à cheval. Vu la longueur des plus grands circuits, la foule reste cependant concentrée près des parkings-belvédères.

Bryce Canyon est sans doute le plus beau des parcs, et aussi l'un des plus beaux endroits de la planète. Des chemins très bien aménagés permettent d'y circuler sans trop de restrictions, même à cheval. Vu la longueur des plus grands circuits, la foule reste cependant concentrée près des parkings-belvédères.

Surfréquentation, incivilités, imprudences... Que nous dit le modèle américain ?

Les deux photos ci-dessus montrent des paysages au style assez similaire, mais dont les conditions d'accès sont très différentes. En haut, la Monument Valley - rendue mythique par de nombreux westerns - est un "Tribal Park". Elle appartient aux indiens Navajos qui l'exploitent en pratiquant des tarifs beaucoup plus élevés qu'ailleurs : 65 $ par personne et par jour pour circuler parmi ces monolithes, et 120 $ pour être guidé vers les arches qui s'y trouvent.

La photo du bas montre Valley of the Gods au levant, un parc très sauvage situé près de Bluff dont l'accès est libre. Si l'on ne veut pas se ruiner, le choix est vite fait entre les deux parcs, d'autant plus que le deuxième n'a pas à rougir devant le premier.

______________________________________

Dans le parc de Capitol Reef, nous avions un permis pour descendre en rappel sous la Cassidy arch. À gauche, Jean-René sur le rappel de 45 mètres dans l'arche elle-même. À droite, à travers une arche plus petite, l'un des rappels dans le canyon qui continue jusqu'au Grand Wash.

Dans le parc de Capitol Reef, nous avions un permis pour descendre en rappel sous la Cassidy arch. À gauche, Jean-René sur le rappel de 45 mètres dans l'arche elle-même. À droite, à travers une arche plus petite, l'un des rappels dans le canyon qui continue jusqu'au Grand Wash.

Les inconvénients

Les détracteurs de ce système se disent généralement outrés par le fait qu’il faille payer pour se promener dans la nature, ce qui peut se comprendre. En revanche, l’argument de la sélection par l’argent ne tient pas devant les prix pratiqués aux US (sauf dans les Tribal parks indiens). Mais la façon dont cet argent est utilisé plaide en faveur du système US. Par exemple, la possibilité d’avoir un contact avec un personnel nombreux, et notamment les Rangers, plus partenaires que policiers, est appréciable. Et la présence de toilettes (remarquablement entretenues) sur les parkings vaut mieux que celle de déjections tout le long des parcours.

Chez les détracteurs de ce système, il existe surtout un rejet de l’absence de liberté qu’il engendre. Mais la liberté est-elle encore concevable devant les effets néfastes d’un tourisme de masse ? La liberté est la conscience de la nécessité, pas le droit de faire n’importe quoi.

__________________________________________

Ce modèle est-il applicable au peuple d’irréductibles Gaulois que nous sommes ? Non contents d’être indisciplinés et râleurs, nous considérons que la nature sauvage nous appartient sans conditions (une remarque qui s'applique autant aux propriétaires qu'aux pratiquants). Face à cette attitude, les autorités françaises ne savent pour l’instant qu’interdire, souvent sans grand discernement, mais surtout sans respect pour les diverses pratiques qui ont pourtant de nombreux adeptes et une histoire.

En France, il va bien falloir cesser un jour la politique de l'autruche et se demander comment éviter à la fois la sanctuarisation ou la privatisation de certains sites, et les dégradations dues à leur invasion, et pas seulement dans les parcs. Le nombre des visiteurs pose certes un problème de surfréquentation, mais on peut difficilement reprocher aux gens d'avoir envie de venir admirer les merveilles de la nature. La question est plutôt d’ordre culturel, la plupart d’entre eux venant avec une totale absence de conscience environnementale et restant assez indifférents à l'avenir d’endroits où ils ne font que passer. Un système basé seulement sur la répression et la régulation ne suffira pas. Il faudra aussi que se développe une réflexion sur l’information, la compréhension, la participation et le respect mutuel. Les Américains semblent y être parvenus. Et nous ?

Natural Bridges est un exemple de "National Monument", un statut qui concerne des étendues moins grandes que les parcs nationaux et davantage axé sur la protection environnementale. Le canyon doit son nom à trois énormes arches qui l'enjambent. La plus grande (Sipapu, photo ci-dessus), est une des plus grandes arches du monde (la 13e selon le classement NABS) avec ses 68 mètres d'envergure et autant en hauteur.

Natural Bridges est un exemple de "National Monument", un statut qui concerne des étendues moins grandes que les parcs nationaux et davantage axé sur la protection environnementale. Le canyon doit son nom à trois énormes arches qui l'enjambent. La plus grande (Sipapu, photo ci-dessus), est une des plus grandes arches du monde (la 13e selon le classement NABS) avec ses 68 mètres d'envergure et autant en hauteur.

Zion est l'un des parcs nationaux les plus populaires pour ses balades nombreuses parmi de grandes falaises de grès coloré. L'affluence est telle qu'un système de navettes gratuites a été mis en place pour s'y déplacer.

Zion est l'un des parcs nationaux les plus populaires pour ses balades nombreuses parmi de grandes falaises de grès coloré. L'affluence est telle qu'un système de navettes gratuites a été mis en place pour s'y déplacer.

Les parcs font la chasse aux tagueurs de toutes sortes (ici à Zion). Graver son nom, dessiner des graffitis, entailler un arbre, utiliser une bombe de peinture ou même faire un cairn, tout cela est considéré comme "cultural crime" et peut être puni de 5000 $ et 6 mois de prison. Notez à la fin du panneau de droite un appel à la délation...

Les parcs font la chasse aux tagueurs de toutes sortes (ici à Zion). Graver son nom, dessiner des graffitis, entailler un arbre, utiliser une bombe de peinture ou même faire un cairn, tout cela est considéré comme "cultural crime" et peut être puni de 5000 $ et 6 mois de prison. Notez à la fin du panneau de droite un appel à la délation...

Lorsqu'on fait les slot canyons Wire Pass et Buckskin (photo de droite et permis en haut à gauche), on passe devant l'accès au secteur de "The Wave", l'un des plus protégés. Le permis se réserve longtemps à l'avance ou est tiré au sort, les places étant limitées. En cas de défaut de permis, le panneau à gauche est clair : 100 000 $ d'amende et 6 mois de prison ! Et les Rangers patrouillent tous les jours.

Lorsqu'on fait les slot canyons Wire Pass et Buckskin (photo de droite et permis en haut à gauche), on passe devant l'accès au secteur de "The Wave", l'un des plus protégés. Le permis se réserve longtemps à l'avance ou est tiré au sort, les places étant limitées. En cas de défaut de permis, le panneau à gauche est clair : 100 000 $ d'amende et 6 mois de prison ! Et les Rangers patrouillent tous les jours.

The Wave (Coyote Buttes North) est une splendeur. Le nombre de visiteurs est limité à 65 par jour. Alors que nous avions obtenu un permis, un incendie nous a empêchés d'y aller, et je remercie Franck Laruelle de nous faire profiter de ces photos qu'il a pu faire 15 jours après.

The Wave (Coyote Buttes North) est une splendeur. Le nombre de visiteurs est limité à 65 par jour. Alors que nous avions obtenu un permis, un incendie nous a empêchés d'y aller, et je remercie Franck Laruelle de nous faire profiter de ces photos qu'il a pu faire 15 jours après.

Sur tous les parkings, même les plus éloignés, on trouve des toilettes sèches. Elles sont toujours très propres et vidangées régulièrement. Ici, sur le parking de Buckskin Gulch, on voit aussi les bornes d'enregistrement et de paiement des permis. En plein désert, on trouve aussi des toilettes portables, comme celles de Valley of the Gods (photo en encart).

Sur tous les parkings, même les plus éloignés, on trouve des toilettes sèches. Elles sont toujours très propres et vidangées régulièrement. Ici, sur le parking de Buckskin Gulch, on voit aussi les bornes d'enregistrement et de paiement des permis. En plein désert, on trouve aussi des toilettes portables, comme celles de Valley of the Gods (photo en encart).

Pour éviter la prolifération des déjections dans les secteurs sensibles et fréquentés, il est parfois demandé de faire ses besoins dans des sacs plastique spéciaux. Le panneau de droite (au lac Powell) conseille fermement d'utiliser ces sacs si l'on s'éloigne à plus de 200 mètres des toilettes du parking.

Pour éviter la prolifération des déjections dans les secteurs sensibles et fréquentés, il est parfois demandé de faire ses besoins dans des sacs plastique spéciaux. Le panneau de droite (au lac Powell) conseille fermement d'utiliser ces sacs si l'on s'éloigne à plus de 200 mètres des toilettes du parking.

L'un des plus célèbres slot canyons est le Spooky ("effrayant" parce que très étroit) du Grand Staircase d'Escalante. Au parking, atteint au prix de dizaines de kilomètres de piste en plein désert, un panneau (en bas à gauche) avertit les prétendants de l'étroitesse du canyon, les invitant même à tester leur tour de thorax en passant entre les deux poteaux qui le soutiennent. Un exemple de mise en garde assez rare dans les parcs US, plus axés sur la protection.

L'un des plus célèbres slot canyons est le Spooky ("effrayant" parce que très étroit) du Grand Staircase d'Escalante. Au parking, atteint au prix de dizaines de kilomètres de piste en plein désert, un panneau (en bas à gauche) avertit les prétendants de l'étroitesse du canyon, les invitant même à tester leur tour de thorax en passant entre les deux poteaux qui le soutiennent. Un exemple de mise en garde assez rare dans les parcs US, plus axés sur la protection.

_____________________________

NB : durant l'été 2025, la presse a parlé quotidiennement des problèmes de surtourisme et de surfréquentation dans les espaces naturels, concluant la plupart du temps en évoquant la perplexité des communes ou des diverses institutions "cherchant désespérément des solutions".  

Les Italiens sont confrontés aux mêmes problèmes - peut-être même avec plus d'intensité - et commencent à mettre en place des restrictions dont certaines ressemblent à celles des US (mais plutôt à l'initiative de communes). Ainsi en va-t-il de la Sardaigne où, suite à diverses dégradations et incivilités, le fameux trek du Selvaggio Blu n’est plus le symbole de sauvagerie et de liberté qu’il a été. Dans les Dolomites, les habitants s’organisent pour lutter contre le surtourisme. L'île portugaise de Madère fait maintenant payer les randonneurs sur la plupart des sentiers pour leur entretien et leur sécurité, et prévient que les secours seront à la charge de ceux qui s'aventurent en dehors madere-une-taxe-sur-les-sentiers-de-randonnee-finance-leur-entretien

À noter cette curieuse initiative de la Nouvelle Zélande qui consiste à faire payer les touristes étrangers

_____________________________________

À voir également sur ce blog à propos des parcs US :

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
Excellent article résumant parfaitement le modèle de gestion des parcs US. Mon épouse et moi fréquentons depuis plus de 30 ans ces parcs, notamment ceux de l'Utah et le parallèle avec la problématique actuelle en Chartreuse me paraît très pertinent. Il se trouve qu'on était ce we en cousinade au col de Marcieu, ce qui nous a donné l'opportunité d'échanger sur ces questions avec des membres de la famille habitant le plateau des Petites Roches. Et de parcourir le blog de Pascal ! 👍
Répondre
J
Surfrequentation peut etre mais on est de plus en plus nombreux sur terre. Degradations ? Je n en constate pas trop perso a part la privatisation de certains domaines comme en chartreuse. Je comprends pas bien cette posture qui me fait penser a cnews un peu. Désolé.
Répondre
P
Merci de votre commentaire. Vous avez raison de dire qu’on est de plus en plus nombreux, et c’est d’abord cela qui pose problème. Il va bien falloir gérer cet afflux. Quant aux dégradations, on peut les constater sur place chacun à son niveau, mais on en entend parler tous les jours dans la presse. J’avais justement mis quelques liens au début de mon texte, et je ne pense pas qu’il s’agisse de fake news. <br /> À propos du “modèle” US, je posais surtout des questions, et je ne souhaite pas forcément qu’on en vienne à des solutions trop radicales, mais ce système ne m’est pas apparu comme répressif, et tout semble se passer là-bas dans la courtoisie et la compréhension. C’est pourquoi je dis qu’on pourrait peut-être s’en inspirer. <br /> Cnews ? Ceux qui me connaissent savent que je combats leurs idées, dont font partie la négation de l’écologie et l’apologie sans restrictions de la propriété privée. Ce n’est pas parce que l’on constate d’indéniables abus d’un côté et du laxisme ou de l’incompétence de l’autre qu’on est extrémiste.
B
J'ai parcouru les parcs US de l'Ouest en 1980 en guidant des groupes de randonneurs. J'avais déjà les mêmes observations que Pascal concernant le civisme et l'organisation des parcs. <br /> J'y suis retourné 3 fois en 40 ans et je suis convaincu que le modèle US est à prendre en exemple.<br /> Même le camping y est agréable, malgré certains parcs très demandés (Yosemite, Arches) exigeants une réservation longtemps a l'avance.<br /> Les rangers disponibles et nombreux sont un exemple pour nous. Ainsi que les toilettes irréprochables. On randonne avec plaisir dans les sites sauvages où des panneaux expliquent souvent les lieux et l'histoire.<br /> Nos abus et surfréquentations francais seraient facilement contrôlables avec de la fermeté, des péages et des permis. La nature et le tourisme bien compris sont des choses sérieuses que nos dirigeant ne comprennent pas tous...
Répondre
J
Merci Pascal !<br /> <br /> Il est effectivement curieux que nos décideurs ne sachent pas quoi faire alors que la solution est là et a démontré son efficacité dans la durée: le modèle américain est clairement plus vertueux que le nôtre, à la fois plus protecteur de l'environnement, plus pédagogique, et plus capable d'accueillir tout type de populations, allant de touristes sans aucune habitude de la nature aux randonneurs confirmés capable d'autonomie sur plusieurs jours. C'est sans doute le fruit de près d'un siècle d'avance sur nos parcs et d'une volonté populaire plus forte de protéger la nature tout en la rendant accessible à tous.<br /> <br /> Espérons toutefois que les coupes budgétaires et les suppressions de statuts protecteurs organisées par le gouvernement Trump n'affecteront pas cela : au moment où nous visitions l'Utah, le budget de fonctionnement des parcs était amputé de 25% et certaines forêts nationales menacées d'être déclassées et mises en vente. Le public américain est très largement hostile à ces mesures (y compris dans l'électorat de Trump) et les rangers affectés par les coupes budgétaires ont pour la plupart travaillé gratuitement plutôt qu'abandonner leur poste. Cela dit, même amputé de 25%, le budget US dédié aux parcs est considérablement plus important que nos budgets (pro rata la population et même pro rata la surface des parcs).
Répondre
B
Bonjour, j'ai fait le même voyage que vous en 2015 et je suis arrivé aux mêmes conclusions. 10 ans sont passés et chaque fois que je vais dans la nature, je me désole de voir les dégradations que j'y trouve. La présence de toilettes sèches partout m'avait aussi interpellé mais leur pose et leur entretien pose le problème du financement. A ce sujet, je vois déjà les boucliers se lever mais j'ai constaté dans d'autres domaines, musées, concerts et autres animations gratuites par le passé, eh bien quand on demande un droit d'entrée même symbolique (moins de 5€) cela détourne tout de suite beaucoup de 'clients', alors ... quid d'un réel intérêt ?
Répondre
P
Oui, je viens juste de mettre le lien dans l'article. Trump n'est pas l'ami des parcs, et on est impatient de le voir débarrasser le plancher. Ceci dit, le tarif est de 250 $ par voiture de 4 personnes à l'année, ce qui est loin d'être prohibitif. Quant à votre remarque, c'est un bon sujet de débat, mais pourquoi ceux qui utilisent des aménagements devraient-ils profiter de l'argent de ceux qui ne sont pas concernés ? D'autres pays ont adopté le paiement de ces aménagements, en Nouvelle Zélande pour les étrangers, et à Madère pour tout le monde (à voir sur mon blog l'article sur Madère). Il ne faut peut-être pas se plaindre si on en arrive là, à force d'incivilités, de dégradations et d'imprudences. À Madère, ça y est, les secours sont à la charge des accidentés. Je le déplore autant que vous, mais il aurait sans doute fallu faire des campagnes de préventions plus énergiques avant.
E
Bonjour,<br /> <br /> Je lis dans la presse en ligne (Le Monde du 27/11/25) que le gouvernement Trump triple le coût d'entrée des parcs nationaux pour les touristes étrangers passant à 250 dollars (220 euros environ), américa first !, dans un pays où le PIB est élevé. <br /> Je ne suis pas d'accord de rendre payant les accès aux milieux naturels en France. Donner plus de moyens aux parcs, certes, mais c'est aussi faire des choix politiques d'affectation des impôts perçus. Faut-il souhaiter, comme aux EU, faire financer les parcs, les frais de santé, les dépenses d'éducation par le citoyen lui-même sans passer par l'impôt qui répartit la charge sur tous de façon plus égalitaire ?