Topos et photos sur la montagne hors des sentiers battus, par l'auteur des Randonnées du vertige
30 Janvier 2026
Scrambling dans les gorges du Verdon entre les lacs d'Artignosc et la retenue de Quinson
La partie la moins connue des gorges du Verdon s'étale sur 1,5 km entre deux grands lacs dans une région tranquille et presque déserte (du moins hors-saison). C'est l'un de ses premiers atouts, mais les reliefs de la rive droite de ce petit défilé nous en offrent d'autres tout aussi intéressants. Lors d'une rando sur le paisible chemin de la rive gauche, Thierry Fenech fut surpris en découvrant d'en face leur aspect tourmenté et ne put résister à l'envie d'aller les voir de plus près. Il réussit à tracer un itinéraire dans ce dédale de vires, de barres rocheuses superposées, de baumes et de petites criques. Il lui fallut pour cela y retourner une dizaine de fois pour le rendre praticable, parfois avec sa femme Carole-Anne et/ou son ami Serge Sueur. Le résultat est assez représentatif de ce qu'on appelle le "scrambling"* et se déroule dans un agréable environnement de chênes et de buis souligné par la couleur du Verdon, émeraude justement...
* Mot anglais qui désigne une combinaison de rando du vertige, d'escalade et de canyoning et qui est difficilement traduisible. Le plus proche serait peut-être "crapahut", mais l'usage de "scrambling" se répand un peu partout, notamment chez nos amis italiens et québécois.
Cet itinéraire ne s'adresse pas vraiment à des randonneurs étant donné ses nombreux passages techniques. Il faut en effet être à l'aise sur des terrains escarpés et exposés ainsi que dans quelques passages d'escalade, et aussi maîtriser les manœuvres de cordes pour les rappels et les assurages. Il est possible de s'échapper en plusieurs endroits, mais la longueur et la difficulté globale induisent tout de même un certain engagement. Un bon sens de l'itinéraire est en outre requis.
Merci à Carole-Anne et Thierry, ainsi qu'à Serge Sueur et Antoine Chaudagne, de nous avoir acceptés Marie et moi ce 25 janvier 2026 pour nous présenter leur bébé, et merci aux dieux pour leur clémence, puisque nous sommes miraculeusement passés entre deux périodes de temps épouvantable.
Topo et carte détaillés par simple clic sur le doc PDF ci-dessous :
On arrive ainsi tout près de l'eau, mais il faut placer une corde pour sécuriser cette vire étroite.
On remonte plusieurs fois sur le rebord de la berge, mais cela ne dure jamais très longtemps. Il faut replonger vers le Verdon.
Ce jour-là, les prises étaient malheureusement boueuses, ce qui nous a sérieusement compliqué la tâche.
Un peu plus loin se trouve une tyrolienne qu'on peut shunter par cette petite vire, mais c'est tricher...
Il faut d'abord passer une petite brèche et descendre en rappel de l'autre côté pour aller chercher le câble.
Le niveau de l'eau était assez bas ce jour-là, mais il arrive qu'il soit plus haut et là, c'est moins drôle...
Après un belvédère touristique, il aurait été trop simple de rejoindre la route. Thierry a donc imaginé de descendre dans un petit canyon situé dessous.