Topos et photos sur la montagne hors des sentiers battus, par l'auteur des Randonnées du vertige
29 Juin 2026
Le massif du Pasubio se situe à l'est du lac de Garde, dans les Préalpes Vicentines, appelées aussi "Petites Dolomites". Toute cette région a été marquée par la guerre des Dolomites qui s'est déroulée entre les Autrichiens et les Italiens de 1915 à 1918, un terrible drame qui s'est soldé par plus d'un million de morts, pour se terminer avec le rattachement du Trentin (ou Tyrol du Sud) à l'Italie. Je me suis exprimé sur cette tragédie dans l'un de mes ouvrages qui parlait des Dolomites. Mais les massifs voisins ont autant souffert de cette guerre, et notamment la région de Vicenza. C'est là que se déroule cette rando un peu exceptionnelle, qui emprunte un sentier taillé par les soldats le long d'une crête rocheuse effilée. On reste sans voix devant le travail accompli : 52 tunnels, dont certains longs de plus de 300 mètres, le tout sur 700 mètres de dénivelé jusqu'à 2000 mètres d'altitude. Des panneaux annoncent qu'il n'aurait fallu que 6 mois à l'armée italienne pour tracer ce sentier et creuser ces 52 tunnels, alors qu'à l'époque, les machines n'existaient pas et que tout se faisait à la main ou avec des explosifs. Tout cela pour disposer des canons et sécuriser l'accès à la vallée située de l'autre côté de la crête.
La notoriété de ce parcours est immense dans la région et suscite une sorte de pèlerinage chez les Italiens du nord. Si l'on désire éviter la foule, il vaut mieux y aller en dehors des vacances et des week-ends. Mais l'étendue du site favorise une bonne répartition de la fréquentation, et le contact avec les visiteurs peut s'avérer intéressant.
Le village de Valli del Pasubio est indiqué en rouge. Il se trouve dans les Petites Dolomites, au nord de Vicenza, d'où le nom de "Préalpes Vicentines".
Pas besoin de topo ni de tracé, le parcours étant largement signalé dès la vallée et très fréquenté. Le seul matériel indispensable est une bonne lampe, certaines galeries étant longues et sombres.
- Au nord de Valli del Pasubio, continuer et traverser Sant' Antonio. Après quelques lacets, une route (suivre les panneaux "Strada delle 52 gallerie") part à droite jusqu'au col de Xomo (1058 m). On peut se garer là, mais il est possible de continuer en voiture jusqu'à la Bocchetta di Campiglia (1216 m) où le parking est payant (6 €) et généralement bondé.
- Le départ du sentier est matérialisé par des murs couverts de fresques à la mémoire des militaires. On peut difficilement le louper... Chaque tunnel est numéroté. Il faut 3 heures jusqu'à l'autre extrémité, où se trouve un gros refuge : Achille Papa (1929 m). Peu avant, on passe à 2000 m sous le Cimon del Soglio Rosso (2040 m). On peut se restaurer au refuge, mais attention à la foule les WE.
- Une échappatoire est possible après environ 2 heures par le col du Val Fontana d'Oro (1875 m), qui permet de basculer sur l'autre versant pour trouver la piste du retour, mais il est dommage de ne pas faire le dernier tiers du parcours, qui est le plus beau.
- Du refuge Papa, le retour se fait par une tranquille piste carrossable qui traverse d'abord longuement vers l'est puis plonge en de nombreux lacets vers la Bocchetta di Campiglia. À noter que des sentiers assez raides et escarpés coupent ces lacets. Ils sont numérotés de 1 à 6 (soit 6 raccourcis). Compter de 1 h 45 à 2 h 15 du refuge Papa à la Bocchetta.
Une lampe est indispensable pour progresser à l'aise dans ces tunnels parfois très sombres et assez longs (ici dans le plus long : 370 mètres).
De nombreuses fenêtres illuminent les galeries. La plupart servait à pointer les canons vers l'ennemi. L'air frais qui circule était bienvenu en cette période de canicule.
Du sentier, on peut apercevoir quelques sentes qui se faufilent astucieusement dans le grand et raide versant sud, de quoi faire quelques projets aventureux...
Le vide est très présent. Vu la fréquentation, il est malheureusement arrivé que des randonneurs perdent ici la vie, comme en témoignent quelques plaques commémoratives.
Le 52e tunnel, enfin ! Il se caractérise par de larges méandres qui descendent pour arriver sur les terrasses du refuge.
La foule envahit régulièrement les terrasses du refuge. Une partie des visiteurs est constituée de cyclistes montés par la piste degli Eroi (des héros).
Le retour en versant nord utilise une longue piste carrossable, quasiment horizontale au début : la strada degli Scarubbi.
À partir de cet endroit, la piste se met à dévaler un versant raide en effectuant de nombreux lacets vers l'est. Un sentier escarpé permet de les couper.
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