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pascal-sombardier.com

Topos et photos sur la montagne hors des sentiers battus, par l'auteur des Randonnées du vertige

La crête du Diable et le lac Noir

Je vais peut-être vous surprendre, mais j'aime bien me balader près d'une station de ski. C'est un plaisir de roi que de s'éloigner de la foule pour se retrouver seul sur un itinéraire non aseptisé, à la fois proche ET à l'écart de la civilisation. En outre, on peut rapidement fuir la chaleur de l'été en utilisant une remontée mécanique ou un VTTE, ce que je fais parfois aux Deux-Alpes grâce à la piste qui monte jusqu'à 3200 mètres. Malgré nos divagations contemporaines, la montagne reste la montagne.

Le point de départ de cette rando n'est qu'à 2400 m, mais à cette altitude, on est déjà au frais, et comme on monte ensuite rapidement jusqu'à 2800 m, l'air devient vite plus respirable et la lumière plus pure. Petit plus : au-dessus de 2500 m, le sol, pourtant aride, est curieusement couvert de fleurs (doronics, asters, céraistes, campanules, benoites, adénostyles, pavots, linaires...). Sans doute apprécient-elles la fraîcheur de ces hauts lieux...

En rouge, le circuit proposé depuis le haut du télésiège du Diable. Les flèches en bleu indiquent l'approche à pied depuis la station par les Perrons.

En rouge, le circuit proposé depuis le haut du télésiège du Diable. Les flèches en bleu indiquent l'approche à pied depuis la station par les Perrons.

L'avantage de la crête qui passe au pic du Diable, outre le fait qu'elle est totalement déserte, est de permettre une vue étendue sur les grands sommets des Écrins par-dessus la vallée du Vénéon. On est en face de la Muzelle, de Lauranoure, du Plat de la Selle... Un menu qu'on appréciera d'autant plus si l'on a pratiqué l'alpinisme du temps où les glaciers flamboyaient encore. Malheureusement, le Vénéon a été martyrisé par leur disparition progressive, par les éboulements et les crues torrentielles (voir à ce sujet : catastrophe à la Bérarde). Le paysage en a été transfiguré, un peu noirci, et même en ces lieux si l'on se souvient que le glacier de Mont-de-Lans, aujourd'hui transformé en Disneyland, descendait jusqu'à 2800 m (au Clot de Chalance) il y a encore 50 ans. En 1950, une branche du glacier descendait même jusqu'à 2300 m au rif de Muretouse...

Malgré tout, l'ambiance minérale de cette randonnée un peu particulière reste marquante par les couleurs de la roche, de la flore qui défie la raison en poussant sur des sols arides, par les paysages grandioses du plus grand massif alpin français, par la paix qui règne au lac Noir, et par la proximité d'une des plus grandes stations de ski d'Europe à laquelle on fait au passage un joli petit pied de nez.

On peut compléter ce tableau en faisant un petit détour par les ruines du refuge du Lac Noir, émouvant témoignage du passé de ces montagnes (voir doc PDF et photos à la fin de cette page).

Topo détaillé par simple clic sur le doc PDF ci-dessous : 

Très vite, par un sentier détourné menant à la crête qui domine la vallée du Vénéon, on se trouve en face de la Muzelle (à gauche, 3458 m), de l'aiguille de Venosc (2830 m, à droite de Marie), de la Muraillette (3019 m, au-dessus de la tête de Marie), du pic du Clapier du Peyron (3169 m, à gauche de la Muraillette). À droite, le Rochail (3022 m).

Très vite, par un sentier détourné menant à la crête qui domine la vallée du Vénéon, on se trouve en face de la Muzelle (à gauche, 3458 m), de l'aiguille de Venosc (2830 m, à droite de Marie), de la Muraillette (3019 m, au-dessus de la tête de Marie), du pic du Clapier du Peyron (3169 m, à gauche de la Muraillette). À droite, le Rochail (3022 m).

Après avoir contourné la Tête Moute, on se retrouve dans un pierrier où se faufile une sente balisée.

Après avoir contourné la Tête Moute, on se retrouve dans un pierrier où se faufile une sente balisée.

Contre toute attente, ce pierrier assez raide et chaotique se remonte bien grâce à une vieille trace ponctuée de balises tout aussi vieilles.

Contre toute attente, ce pierrier assez raide et chaotique se remonte bien grâce à une vieille trace ponctuée de balises tout aussi vieilles.

On arrive enfin sur la crête, peu avant le pic du Diable et face à la vallée du Vénéon. La Bérarde est tout au fond à gauche. Au centre, la Tête de Lauranoure (3325 m) domine l'Alpe du Pin et son petit refuge.

On arrive enfin sur la crête, peu avant le pic du Diable et face à la vallée du Vénéon. La Bérarde est tout au fond à gauche. Au centre, la Tête de Lauranoure (3325 m) domine l'Alpe du Pin et son petit refuge.

La crête qui mène au pic du Diable s'avère assez facile.

La crête qui mène au pic du Diable s'avère assez facile.

L'arrivée au sommet du pic du Diable (2868 m).

L'arrivée au sommet du pic du Diable (2868 m).

La descente du pic du Diable est assez raide, mais une trace dans la caillasse facilite la chose. Au fond, l'aiguille du Plat de la Selle (3596 m).

La descente du pic du Diable est assez raide, mais une trace dans la caillasse facilite la chose. Au fond, l'aiguille du Plat de la Selle (3596 m).

Ces gradins se descendent finalement en courant...

Ces gradins se descendent finalement en courant...

La géologie du secteur semble plutôt complexe. On trouve ici des roches de toutes les couleurs.

La géologie du secteur semble plutôt complexe. On trouve ici des roches de toutes les couleurs.

Après avoir retrouvé la crête, la progression offre un peu de répit.

Après avoir retrouvé la crête, la progression offre un peu de répit.

À gauche, aux pieds du glacier de Mont-de-Lans, le col du Jandri et ses aménagements surréalistes.

À gauche, aux pieds du glacier de Mont-de-Lans, le col du Jandri et ses aménagements surréalistes.

On voit ici la vallée du Vénéon, mais surtout le chemin de la Toura qui monte depuis Saint-Christophe-en-Oisans jusqu'à 100 mètres au-dessus du lac Noir.

On voit ici la vallée du Vénéon, mais surtout le chemin de la Toura qui monte depuis Saint-Christophe-en-Oisans jusqu'à 100 mètres au-dessus du lac Noir.

Au point 2793 de la crête du Diable, avec, toujours en toile de fond, la Muzelle. En bas, la vallée du Vénéon dominée par celle de Lanchâtra (dont on voit le hameau éponyme).

Au point 2793 de la crête du Diable, avec, toujours en toile de fond, la Muzelle. En bas, la vallée du Vénéon dominée par celle de Lanchâtra (dont on voit le hameau éponyme).

Nous choisissons de rester en contrebas de la crête pour la partie finale qui se déroule dans des rochers multicolores.

Nous choisissons de rester en contrebas de la crête pour la partie finale qui se déroule dans des rochers multicolores.

Après avoir traversé une piste sous la brèche du Grand Creux, nous franchissons directement la barre rocheuse qui nous sépare du lac Noir.

Après avoir traversé une piste sous la brèche du Grand Creux, nous franchissons directement la barre rocheuse qui nous sépare du lac Noir.

Les doronics sont omniprésents.

Les doronics sont omniprésents.

L'arrivée au lac Noir, étonnamment fleuri vu l'altitude (2780 m).

L'arrivée au lac Noir, étonnamment fleuri vu l'altitude (2780 m).

Le lac dit "noir" est plutôt coloré. On s'y trouve miraculeusement tranquille. Trop loin pour les touristes !

Le lac dit "noir" est plutôt coloré. On s'y trouve miraculeusement tranquille. Trop loin pour les touristes !

Arrivé sur la crête qui domine le lac Noir, on a une vue intéressante sur le Jandri (à gauche, 3288 m) et le vallon de la Selle, dominé de droite à gauche par l'aiguille du Plat de la Selle, celles du Soreiller, le Plaret (3563 m) et la Gandolière (3542 m). À noter que le torrent et les glaciers du vallon de la Selle portent également le nom de "Diable".

Arrivé sur la crête qui domine le lac Noir, on a une vue intéressante sur le Jandri (à gauche, 3288 m) et le vallon de la Selle, dominé de droite à gauche par l'aiguille du Plat de la Selle, celles du Soreiller, le Plaret (3563 m) et la Gandolière (3542 m). À noter que le torrent et les glaciers du vallon de la Selle portent également le nom de "Diable".

Retour par de petits vallons coupant la piste carrossable qui relie la station au glacier de Mont-de-Lans (du moins jusqu'au col du Jandri, à 3158 m).

Retour par de petits vallons coupant la piste carrossable qui relie la station au glacier de Mont-de-Lans (du moins jusqu'au col du Jandri, à 3158 m).

On voit ici la crête du Diable où l'on était une heure auparavant, avec à droite, le pic homonyme, derrière lequel dépasse la Tête Moute.

On voit ici la crête du Diable où l'on était une heure auparavant, avec à droite, le pic homonyme, derrière lequel dépasse la Tête Moute.

La géologie du secteur est décidément curieuse.

La géologie du secteur est décidément curieuse.

Le lac du Plan (2298 m), peu avant lequel il faut tourner à gauche (en descendant) pour retrouver le télésiège du Diable. Au fond, les Grandes Rousses avec le pic Blanc "orné" du téléphérique de l'Alpe d'Huez (3323 m). À sa droite, le pic Bayle (3465 m).

Le lac du Plan (2298 m), peu avant lequel il faut tourner à gauche (en descendant) pour retrouver le télésiège du Diable. Au fond, les Grandes Rousses avec le pic Blanc "orné" du téléphérique de l'Alpe d'Huez (3323 m). À sa droite, le pic Bayle (3465 m).

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Défi : la crête du Diable peut se combiner en boucle avec le Balcon du Vénéon et le chemin de la Toura au départ de Saint-Christophe-en-Oisans. Attention toutefois, c'est très long (1300 mètres de déniv. entre la Toura et St-Christophe + les montées/descentes sur le Balcon du Vénéon et la crête du Diable. On doit approcher les 1700 mètres pour plus de 20 km). J'ai tracé ce circuit, dont j'ai fait toutes les sections séparément sans jamais les enchaîner, sur la carte ci-dessous. Le balcon du Vénéon est en jaune, la crête du Diable en rouge et le sentier de la Toura en orange. Je pense qu'on peut aussi bien le faire dans un sens ou dans l'autre. Si quelqu'un relève ce défi un jour, je le remercie d'avance de me communiquer les distances et durées précises.

Au sujet du Balcon du Vénéon, voir cet  article de mon blog : La Bérarde - le Vénéon

La crête du Diable et le lac Noir

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Les anciens refuges du Lac Noir

Avant la création de la station des Deux-Alpes, on accédait aux abords du lac Noir depuis Saint-Christophe-en-Oisans(1) par un sentier aujourd’hui disparu. Vers 2800 m se trouvait un petit abri, encore mentionné sur les cartes IGN de 1950 comme “refuge du Lac Noir”. Il servait d’étape aux alpinistes en route vers les glaciers et leurs sommets, dont le Dôme de la Lauze (3531 m), mais a perdu son utilité après la création de la station. On voit très bien les ruines de ce refuge depuis la croupe qui domine le lac Noir (on les voit même depuis le téléphérique du Jandri) et il est facile d’y aller depuis le point 2803 d’IGN. Ce détour d’une petite heure aller-retour permettra un pèlerinage émouvant et on y appréciera la présence de multiples petits lacs et de pelouses fleuries. 

1 - Il ne faut pas s'en étonner. Le site où a été édifiée la station des Deux-Alpes se trouve en effet à la même altitude que le point de départ du vallon de la Selle (env. 1650 m), et son accès était long depuis Venosc ou par le balcon du Vénéon depuis Saint-Christophe. Il était donc plus rapide de monter sous le glacier du Mont-de-Lans depuis Saint-Christophe - déjà devenu un haut lieu de l'alpinisme - par des passages connus des chasseurs à l'époque du père Gaspard, soit la deuxième moitié du dix-neuvième siècle. En 2026, nous avons tenté de monter par le vallon de la Mura, toujours fréquenté par quelques audacieux chasseurs de chamois, mais le chemin a totalement disparu et la progression dans ce terrain très raide et déversant s'avère assez dangereuse. On reste sans voix devant le travail qu'avait dû représenter le traçage d'un tel sentier sur 1000 mètres de dénivellation dans un terrain aussi raide et tourmenté. On peut rêver à sa réhabilitation - comme cela a été fait pour d'autres sentiers d'alpinistes dans les années 1990 - et ce serait un grand et beau projet. Mais je reste bien conscient qu' à notre époque, sa seule sécurisation demanderait un travail colossal.

À noter que deux refuges sont évoqués sur la carte de 1950. Le plus au nord (“ancien refuge”) domine un petit lac, mais il s’agissait apparemment d’un abri rudimentaire de berger, un simple entassement de pierres. On voit au sud le tracé du chemin (en noir) qui menait au refuge depuis Saint-Christophe. Nous avons tenté de remonter celui-ci depuis le vallon de la Selle, mais il n’y a vraiment plus aucune trace.

À noter que deux refuges sont évoqués sur la carte de 1950. Le plus au nord (“ancien refuge”) domine un petit lac, mais il s’agissait apparemment d’un abri rudimentaire de berger, un simple entassement de pierres. On voit au sud le tracé du chemin (en noir) qui menait au refuge depuis Saint-Christophe. Nous avons tenté de remonter celui-ci depuis le vallon de la Selle, mais il n’y a vraiment plus aucune trace.

Les ruines du refuge du Lac Noir devant la Muzelle. On les trouve au sud du point 2794 d'IGN près de la brèche de la Mura et elles sont visibles sur les photos satellite.

Les ruines du refuge du Lac Noir devant la Muzelle. On les trouve au sud du point 2794 d'IGN près de la brèche de la Mura et elles sont visibles sur les photos satellite.

Si l'on en juge par sa taille et son aspect sommaire, il devait s'agir d'un simple abri non gardé. On y voit encore les restes d'un poêle à bois. Au fond, la Tête de Lauranoure (3325 m).

Si l'on en juge par sa taille et son aspect sommaire, il devait s'agir d'un simple abri non gardé. On y voit encore les restes d'un poêle à bois. Au fond, la Tête de Lauranoure (3325 m).

Sur cette carte, j'ai tracé le petit détour qui, du lac Noir, permet d'aller voir les ruines des refuges.

Sur cette carte, j'ai tracé le petit détour qui, du lac Noir, permet d'aller voir les ruines des refuges.

De ce petit lac où se trouvait l'ancien refuge (simple entassement de pierres), on voit les ruines du plus récent refuge du Lac Noir (exactement au centre la photo). Au fond de gauche à droite : les Fétoules, l'Olan et les Arias.

De ce petit lac où se trouvait l'ancien refuge (simple entassement de pierres), on voit les ruines du plus récent refuge du Lac Noir (exactement au centre la photo). Au fond de gauche à droite : les Fétoules, l'Olan et les Arias.

En traversant sur la proue rocheuse au sud du refuge, on domine le vallon de la Mura par lequel montaient les alpinistes depuis Saint-Christophe et le vallon de la Selle.

En traversant sur la proue rocheuse au sud du refuge, on domine le vallon de la Mura par lequel montaient les alpinistes depuis Saint-Christophe et le vallon de la Selle.

Jean-René Bouvier dans notre tentative sur le chemin disparu de la Mura, au-dessus du vallon de la Selle.

Jean-René Bouvier dans notre tentative sur le chemin disparu de la Mura, au-dessus du vallon de la Selle.

Je remets ci-dessous le doc PDF du topo, à la fin duquel se trouvent quelques renseignements sur ce détour au refuge du Lac Noir.

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