Topos et photos sur la montagne hors des sentiers battus, par l'auteur des Randonnées du vertige
10 Août 2026
Je vais peut-être vous surprendre, mais j'aime bien me balader près d'une station de ski. C'est un plaisir de roi que de s'éloigner de la foule pour se retrouver seul sur un itinéraire non aseptisé, à la fois proche ET à l'écart de la civilisation. En outre, on peut rapidement fuir la chaleur de l'été en utilisant une remontée mécanique ou un VTTE, ce que je fais parfois aux Deux-Alpes grâce à la piste qui monte jusqu'à 3200 mètres. Malgré ses divagations, la montagne reste la montagne.
Pour aller au point de départ de cette rando, il ne faut grimper qu'à 2400 m, mais à cette altitude, on est déjà au frais, et comme on monte ensuite rapidement jusqu'à 2800 m, l'air devient vite plus respirable et la lumière plus pure. Petit plus : au-dessus de 2600 m, le sol est curieusement couvert de fleurs (doronics, asters, céraistes, campanules...). Sans doute apprécient-elles la fraîcheur de ces hauts lieux...
L'avantage de la crête qui passe au pic du Diable, outre le fait qu'elle est totalement déserte, est de permettre une vue étendue sur les grands sommets des Écrins par-dessus la vallée du Vénéon. On est en face de la Muzelle, de Lauranoure, du Plat de la Selle... Un menu qu'on appréciera d'autant plus si l'on a pratiqué l'alpinisme du temps où les glaciers flamboyaient encore. Malheureusement, le Vénéon a été martyrisé par leur disparition progressive, par les éboulements et les crues torrentielles (voir à ce sujet : catastrophe à la Bérarde). Le paysage en est transfiguré, un peu noirci, même ici si l'on pense que le glacier de Mont-de-Lans, aujourd'hui transformé en Disneyland, descendait jusqu'au niveau du lac Noir il y a encore 30 ans.
Malgré tout, l'ambiance minérale de cette randonnée un peu particulière reste marquante par les couleurs de la roche, de la flore qui défie la raison en poussant sur des sols arides, par les paysages grandioses du plus grand massif alpin français, et par la proximité d'une des plus grandes stations de ski d'Europe à laquelle on adresse au passage un beau pied de nez.
En rouge, le circuit proposé depuis le haut du télésiège du Diable. Les flèches en bleu indiquent l'approche depuis la station par les Perrons.
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Cet itinéraire peut se combiner avec le Balcon du Vénéon et le chemin de la Toura au départ de Saint-Christophe-en-Oisans. Attention toutefois, c'est très long (1300 m de déniv. de la Toura à St-Christophe + les montées/descentes sur le Balcon du Vénéon et la crête du Diable). Voir au sujet du Balcon du Vénéon cet article de mon blog : La Bérarde - le Vénéon
Topo détaillé par simple clic sur le doc PDF ci-dessous :
Très vite, par un sentier détourné menant à la crête qui domine la vallée du Vénéon, on se trouve en face de la Muzelle (à gauche, 3458 m), de l'aiguille de Venosc (2830 m, à droite du personnage), de la Muraillette (3019 m, au-dessus de la tête du personnage), du pic du Clapier du Peyron (3169 m, à gauche de la Muraillette). À droite, le Rochail (3022 m).
Après avoir contourné la Tête Moute, on se retrouve dans un pierrier où se faufile une sente balisée.
Contre toute attente, ce pierrier assez raide et chaotique se remonte bien grâce à une vieille trace.
On arrive enfin sur la crête, peu avant le pic du Diable et face à la vallée du Vénéon. La Bérarde est tout au fond à gauche. Au centre, la Tête de Lauranoure (3325 m) domine l'Alpe du Pin et son petit refuge.
La descente du pic du Diable est assez raide, mais une trace dans la caillasse facilite la chose. Au fond, l'aiguille du Plat de la Selle (3596 m).
On voit ici la vallée du Vénéon, mais surtout le chemin de la Toura qui monte depuis Saint-Christophe-en-Oisans jusqu'au-dessus du lac Noir.
Nous choisissons de rester en contrebas de la crête pour la partie finale. La roche est multicolore.
Après avoir traversé une piste sous la brèche du Grand Creux, nous franchissons directement la barre rocheuse qui nous sépare du lac Noir.
Arrivé sur la crête qui domine le lac Noir, on a une vue intéressante sur le Jandri (à gauche, 3288 m) et le vallon de la Selle, dominé de droite à gauche par l'aiguille du Plat de la Selle, celles du Soreiller, le Plaret (3563 m) et la Gandolière (3542 m). À noter que le torrent et les glaciers du vallon de la Selle portent également le nom de "Diable".
Retour par de petits vallons coupant la piste carrossable qui monte jusqu'au glacier de Mont-de-Lans à 3158 m.
On voit ici la crête du Diable où l'on était une heure auparavant, avec à droite, le pic homonyme, derrière lequel dépasse la Tête Moute.
Le lac du Plan (2298 m), peu avant lequel il faut tourner à gauche pour retrouver le télésiège du Diable. Au fond, les Grandes Rousses avec le pic Blanc "orné" du téléphérique de l'Alpe d'Huez (3323 m). À sa droite, le pic Bayle (3465 m).
À voir sur ce blog dans le même secteur :
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Le lac de Mantel (2570 m) - pascal-sombardier.com
Les lacs d'altitude sont des objectifs très prisés et on y trouve le plus souvent une foule de randonneurs. Mais certains restent dans la confidentialité, soit parce que leur accès est trop lon...
https://www.pascal-sombardier.com/2024/08/le-lac-de-mantel.html