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pascal-sombardier.com

Topos et photos sur la montagne hors des sentiers battus, par l'auteur des Randonnées du vertige

La Bérarde, le Vénéon...

Le point après une visite sur place en 2026 : du 4 juillet au 31 août, les voitures sont interdites après Pré-Clot (mais pas les cyclistes), soit 1,5 km après Saint-Christophe. Des navettes régulières permettent de monter jusqu'à la combe de Pierre Noire, soit 800 m avant la Bérarde. Le parking le plus vaste et le plus pratique pour le public se trouve aux Ougiers. Au-delà, la priorité est donnée aux résidents et les parkings sont exigus et souvent bondés. Il est donc conseillé de prendre la navette aux Ougiers, mais dans tous les cas, il faut réserver sa place sur le site mentionné plus bas.

Les horaires sont ici : laregionvoustransporte.fr/

Attention toutefois, en cas de risque orageux, les navettes peuvent être annulées et l'accès à la Bérarde interdit. La raison : la formation de lacs sous-glaciaires dans les vallons qui dominent le hameau. Ces poches d'eau, dont on ne connait pas bien le volume, risquent de se mettre en surpression lors d'un épisode pluvieux intense et de se déverser brutalement dans la vallée, créant un phénomène analogue à celui du 21 juin 2024.

Ceci dit, ces navettes ne sont pas un succès et elles sont rarement pleines. Cela pose de gros problèmes pour l'économie locale comme le montre cet article https://la-frequentation-en-forte-baisse-malgre-les-navettes. Dans ce cas, pourquoi continuer à rendre la réservation obligatoire, ce qui est certainement un frein auprès des usagers, d'autant plus que le site de réservation est particulièrement abscons et mal foutu ? (Le prix de la place est de 9 €, ce qui n’est pas toujours précisé clairement).

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Début 2026, "Dernier refuge" est paru aux éditions des Étages (la maison d'édition de Jean-Marc Rochette) sur la catastrophe de la Bérarde. Les auteures sont trois sœurs, Laurène, Marine et Pauline Petit, dont le chalet a été emporté. Il se trouve que j'avais emmené leur mère sur la vire d'Archiane il y a bien longtemps. Disponible en librairie ou sur Amazon.
 

La Bérarde, le Vénéon...

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Octobre 2025 : dans Montagnes-Magazine, Lionel Tassan fait un point intéressant sur la fréquentation de la vallée. À voir ici : https://www.montagnes-magazine.com/actus-bilan-ete-veneon-an-apres-catastrophe-berarde

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On trouvera des infos actualisées sur le site de la FFCAM qui se soucie bien évidemment de l'accès à ses refuges. Voir cet exemple à propos du refuge de la Lavey : https://refugelalavey.ffcam.fr/

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Mai 2025 : gardiens oubliés, navettes inadaptées, aide minime et décisions prises sans concertation : les socio-professionnels de la vallée tirent la sonnette d’alarme. Cette tribune dénonce un abandon progressif du territoire et appelle à repenser d’urgence l’avenir touristique et humain du Vénéon.

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Décembre 2024 : un rapport scientifique passionnant a été publié par Éric Larose suite à l'exploration du glacier de Bonne Pierre. On y apprend que plusieurs lacs glaciaires pourraient être à l'origine de la catastrophe. Plus inquiétant, comme le gel rebouche les galeries/siphons de ces lacs, il existe un risque de récidive, et du coup, l'incertitude pèse sur une éventuelle reconstruction. À lire absolument ici : premières conclusions de l'enquête scientifique.

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On a beaucoup parlé de la destruction du hameau de la Bérarde. En fait, la catastrophe du 21 juin 2024 concernait toute la vallée du Vénéon. Il a fallu 6 mois de travaux rien que pour ouvrir la route jusqu'à Saint-Christophe, très endommagée dès les Ougiers, tout en bas de la vallée donc.

Durant une quarantaine d'années, j'ai fréquenté le site pour l'alpinisme, mais aussi pour rencontrer les gens qui ont fait ce pays pas comme les autres. J'ai écrit sur cette vallée plusieurs articles et j'en ai dressé un vaste portrait dans "Villages d'alpinisme des Écrins" en 2022. À noter que je terminais un des chapitres consacrés à la Bérarde par ces mots : "Avec le réchauffement climatique, la vie ici ne s'annonce pas plus facile que par le passé." Je ne croyais pas si bien dire, hélas...

Au cours de cette expérience, j'ai pris un certain nombre de clichés qui témoignent modestement de l'activité qui régnait ici. J'en publie quelques-uns ci-dessous. J'espère de tout cœur que la vallée reprendra vie et j'adresse toute ma sympathie et mes encouragements à ses habitants.

Avant que la route ne rouvre, on pouvait aller à Saint-Christophe par le balcon du Vénéon depuis les Deux-Alpes, un sentier spectaculaire qui reliait jadis le village aux alpages occupés aujourd'hui par la grande station. Peu après la catastrophe, je présentais ci-dessous quelques infos sur cette randonnée, qui reste l'une des plus belles de la région et qu'il faut de toute façon faire un jour.

La Bérarde - haut lieu de l'alpinisme - avant sa destruction par un torrent de boue le 21/06/2024.

La Bérarde - haut lieu de l'alpinisme - avant sa destruction par un torrent de boue le 21/06/2024.

À voir sur ce blog l'état du hameau en juillet 2026 :

Depuis la Tête de la Maye, on voit ici le Dôme des Écrins en haut à gauche. Il domine le vallon de Bonne Pierre et ce qu'il reste de son glacier. C'est là que s'était créée une poche d'eau dont la digue naturelle a cédé, ce qui a décuplé la force du torrent déjà en crue.

Depuis la Tête de la Maye, on voit ici le Dôme des Écrins en haut à gauche. Il domine le vallon de Bonne Pierre et ce qu'il reste de son glacier. C'est là que s'était créée une poche d'eau dont la digue naturelle a cédé, ce qui a décuplé la force du torrent déjà en crue.

Pour plus de détails sur les causes de la catastrophe, il faut lire l'article en lien ci-dessous :

Depuis, un rapport plus précis a été publié en décembre 2024 : premières conclusions de l'enquête scientifique.

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L'église témoignait du passé alpin de la vallée.

L'église témoignait du passé alpin de la vallée.

Une plaque apposée à l'entrée commémorait l'un des évènements les plus célèbres de l'histoire de l'alpinisme.

Une plaque apposée à l'entrée commémorait l'un des évènements les plus célèbres de l'histoire de l'alpinisme.

Mais on y trouvait d'autres évocations plus dramatiques.

Mais on y trouvait d'autres évocations plus dramatiques.

Rémy Turc fut longtemps le dernier habitant permanent de la Bérarde.

Rémy Turc fut longtemps le dernier habitant permanent de la Bérarde.

J'avais eu la chance de le rencontrer vers 1980. Il m'avait dit que le facteur était la seule personne qu'il voyait de tout l'hiver et qu'il en était bien heureux. Roger Canac le décrivait comme "gardien et jardinier de la montagne".

J'avais eu la chance de le rencontrer vers 1980. Il m'avait dit que le facteur était la seule personne qu'il voyait de tout l'hiver et qu'il en était bien heureux. Roger Canac le décrivait comme "gardien et jardinier de la montagne".

Au début des années 2020, Yannick Ducret, arrière-arrière-arrière petit-fils du père Gaspard (sa mère est une Rodier) avait pris le relais en restant dans son gîte "l'Âtre" tout l'hiver pour accueillir les skieurs de randonnée. Que va devenir ce nouvel élan ? Yannick est aujourd'hui adjoint au maire et milite pour le renouveau du hameau.

Au début des années 2020, Yannick Ducret, arrière-arrière-arrière petit-fils du père Gaspard (sa mère est une Rodier) avait pris le relais en restant dans son gîte "l'Âtre" tout l'hiver pour accueillir les skieurs de randonnée. Que va devenir ce nouvel élan ? Yannick est aujourd'hui adjoint au maire et milite pour le renouveau du hameau.

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Jean-René Minelli, avec qui j'ai beaucoup échangé lors de nos aventures éditoriales respectives, s'est exprimé sur cette catastrophe en tant que guide et ex-président du bureau de la Bérarde. Un texte à méditer...

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Le balcon du Vénéon (ou des Perrons)

Saint-Christophe est resté d'un accès long et difficile jusqu'en 1896, date à laquelle la route actuelle fut ouverte (avant d'atteindre la Bérarde en 1921). Le balcon du Vénéon, devenu désuet, serait probablement tombé dans l'oubli s'il n'avait été réhabilité à la fin des années 1990 à l'occasion de la création de la via ferrata de Venosc.

De Saint-Christophe, plusieurs courses et randonnées sont possibles. Depuis le hameau du Puy, on peut monter au Miroir des Fétoules, petit lac sur le chemin de la Toura qui grimpe jusque vers les pistes des Deux Alpes à 2800 m, option (longue) de retour possible à la station (le télésiège du Diable étant ouvert en été, on peut l'utiliser pour descendre à la station depuis 2400 m). Mais on peut aussi aller dans le vallon de la Selle et à son refuge, ou au Plat de la Selle

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Le 22 juillet 2025, donc avant que la route ne rouvre, j'avais reçu cette information de la part de Félix de Montety, géographe, universitaire et grand connaisseur de la vallée (ces informations étaient utiles pour 2025. Les choses ont évolué depuis. Voir mes notes plus bas) : « J'ai lu votre récent billet sur l'accès par les Perrons/ balcon du Vénéon, et je confirme que c'est le meilleur moyen, même s'il y a aussi la possibilité (légale) de descendre à Venosc par la télécabine (gratuite cette année), puis de prendre le sentier du Grand Clapier pour rejoindre le Plan du Lac, avant de marcher sur l'ancienne route de Saint-Christophe pour monter aux Fontaines Bénites. Pour remonter le sentier rive gauche (et aller à Lanchâtra) il faut rester rive gauche avant le pont du Plan du Lac car la passerelle de Lanchâtra a été emportée. Le balcon des Perrons reste évidemment la plus belle option pour remonter le Vénéon. Il est en très bon état et plutôt facile tant que le temps reste sec.

Notes PS ajoutées depuis (dernière actualisation en juillet 2026) :

- L'info à propos de l'accès à Lanchâtra est toujours valable, la passerelle n'ayant pas été reconstruite.

- Félix évoquait la destruction du pont du Moulin du Diable à la fin du balcon du Vénéon. Une passerelle l'a maintenant remplacé.

- N'hésitez pas à appeler la mairie ou à demander des infos en réservant repas et nuit par exemple à La Cordée (+33 6 88 31 88 70) ou à un autre des commerces de la vallée. Le refuge de la Lavey reste fermé pour travaux jusqu'à l'automne 2026. Pour tous les autres refuges qui fonctionnent maintenant normalement, réservation obligatoire par tél.

Quelques infos sur le balcon du Vénéon par simple clic sur le doc PDF ci-dessous : 

Au départ des Deux-Alpes.

Au départ des Deux-Alpes.

Après une petite montée et une traversée, on redescend par ces quelques lacets (à gauche) pour attaquer la partie spectaculaire du balcon.

Après une petite montée et une traversée, on redescend par ces quelques lacets (à gauche) pour attaquer la partie spectaculaire du balcon.

Ce sentier a été taillé il y a sans doute quelques siècles, mais a été réaménagé en 1997.

Ce sentier a été taillé il y a sans doute quelques siècles, mais a été réaménagé en 1997.

La corniche aérienne domine le Plan du Lac que l'on voit en bas à droite.

La corniche aérienne domine le Plan du Lac que l'on voit en bas à droite.

Le sentier descend ensuite jusqu'au-dessus du Plan du Lac avant de remonter vers le Puy et Saint-Christophe.

Le sentier descend ensuite jusqu'au-dessus du Plan du Lac avant de remonter vers le Puy et Saint-Christophe.

Les toits du Puy. Par-dessus le Vénéon, on aperçoit le hameau de Lanchâtra.

Les toits du Puy. Par-dessus le Vénéon, on aperçoit le hameau de Lanchâtra.

Lors de la courte descente finale vers Saint-Christophe, on passe devant le moulin du Diable.

Lors de la courte descente finale vers Saint-Christophe, on passe devant le moulin du Diable.

Le pont du moulin du Diable ayant été détruit en 2024 (photo ci-dessus de Félix de Montety), une passerelle l'a remplacée.

Le pont du moulin du Diable ayant été détruit en 2024 (photo ci-dessus de Félix de Montety), une passerelle l'a remplacée.

Arrivée à Saint-Christophe-en-Oisans.

Arrivée à Saint-Christophe-en-Oisans.

De Saint-Christophe, on voit la Tête de Lauranoure à droite. Elle domine l'Alpe du Pin et son petit refuge. Au centre, le Bec du Canard. À gauche, les Fétoules.

De Saint-Christophe, on voit la Tête de Lauranoure à droite. Elle domine l'Alpe du Pin et son petit refuge. Au centre, le Bec du Canard. À gauche, les Fétoules.

Il faut aller au cimetière de Saint-Christophe, où se trouve résumée une grande partie de l'histoire de l'alpinisme du massif. Ici, la tombe du père Gaspard, vainqueur de la Meije en 1877.

Il faut aller au cimetière de Saint-Christophe, où se trouve résumée une grande partie de l'histoire de l'alpinisme du massif. Ici, la tombe du père Gaspard, vainqueur de la Meije en 1877.

À la Bernardière, sous Saint-Christophe, vivait Pierre Paquet, l'un des plus célèbres guides-paysans de l'Oisans. J'ai pris cette photo en 1980 lors d'un bon moment passé avec cet homme plein d'anecdotes qu'il racontait avec beaucoup d'humour.

À la Bernardière, sous Saint-Christophe, vivait Pierre Paquet, l'un des plus célèbres guides-paysans de l'Oisans. J'ai pris cette photo en 1980 lors d'un bon moment passé avec cet homme plein d'anecdotes qu'il racontait avec beaucoup d'humour.

Et retour vers les Deux-Alpes par le même chemin.

Et retour vers les Deux-Alpes par le même chemin.

À voir sur ce blog quelques balades possibles à partir de Saint-Christophe : 

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C
Merci pour ces belle images, j'ai parcouru cette région dans les années 75 à 95 j'ai connu l'ancienne route, j'ai fait de longues courses, Glacier de la Pilate connu la famille Sourrice qui gardait le refuge.<br /> J'ai passé le col des écrins depuis le glacier de Bonne Pierre. Col de la temple, le dôme etc... en 1986 j'ai campé 1 mois au bord du Vénéon à la Bérarde (camping sauvage autorisé).<br /> Je suis bien triste de ce qui c'est passé mais garde un souvenir de moments de bonheur dans ce bel Oisans sauvage, à cette époque la glace tenait et la neige encore abondante. Aujourd'hui j'ai 82ans et me contente d'admiré vos belles images. Merci.<br /> Carmen
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