Topos et photos sur la montagne hors des sentiers battus, par l'auteur des Randonnées du vertige
1 Octobre 2026
La Dent de Moirans (988 m) constitue l'extrême pointe nord du Vercors. La vue panoramique qu'elle offre sur la vallée de l'Isère attire beaucoup de visiteurs venus là depuis Montaud en une petite heure tranquille. L'étrave rocheuse située au sommet est percée d'un inquiétant puits dont on ne voit pas le fond. Je suis descendu à l'intérieur pour m'apercevoir qu'une fenêtre s'ouvrait sur le vide une vingtaine de mètres plus bas. Je n'étais pas le premier, car des spits témoignaient d'une visite de curiosité déjà ancienne qui s'était apparemment arrêtée là. Il faut dire que la dalle lisse qui plonge dessous l'ouverture est impressionnante : 70 mètres de verticalité absolue ! De quoi me motiver pour imaginer une belle ligne de rappel.
J'ai réalisée cette descente intégralement - soit 250 mètres - avec Jacky Estublier et Laurent Jacquet fin septembre 2026. Ce ne fut pas si simple, certains relais s'avérant malcommodes et exigus, et la réception d'un rappel de 50 mètres en surplomb plutôt hasardeuse dans un rocher plus que moyen... Tout cela m'a poussé à y retourner pour trouver des solutions permettant d'éviter ces difficultés et de rejoindre plus rapidement l'arête nord-est, qui se descend bien. Ce fut fait le 4 octobre avec Jean-René Bouvier et Joël Chabert et je dois dire que ce nouveau parcours m'a donné entière satisfaction. Je le présente donc ici en rappelant que - bien qu'il n'y ait plus de pièges ni de danger - il s'agit d'un itinéraire très aérien et assez impressionnant, qui s'adresse à des personnes maîtrisant les techniques de rappel et d'assurage.
Topo détaillé par simple clic sur le doc PDF ci-dessous :
En rouge, le circuit de l’option 1 avec retour par la chapelle de Saint-Ours jusqu’au Petit Port. En jaune, l’accès par l’arête est depuis le Petit Port (option 2). En bleu, les rappels du Bec de l’Échaillon (option sportive).
Avant le grand plongeon, il faut absolument se balader sur la crête pour jauger le vide que l'on va affronter.
Curieuse prosternation devant le puits que l'on va descendre. Un rite bouddhiste ? (photo Jean-René Bouvier)
Le puits n'est pas très large, mais suffisamment pour garder le sac sur le dos. Notez que j'avais équipé un rappel sur ce côté du puits, mais je l'ai ensuite supprimé car il faut traverser une zone de rochers pourris (photo Jean-René Bouvier).
Au bas du puits, on débouche par cette fenêtre au-dessus d'une dalle verticale de 70 mètres (photo L. Jacquet).
Je suis sorti de la fenêtre qui s'ouvre dans le surplomb en haut de la dalle de 70 mètres et m'apprête à prendre pied sur la margelle du relais intermédiaire que j'avais installé précédemment pour limiter les rappels à moins de 50 mètres (photo Jean-René Bouvier).
Ce relais intermédiaire est exigu, mais on peut malgré tout y tenir à trois (photo Jean-René Bouvier prise par son nouvel Iphone qui intègre un appareil photo avec zoom surpuissant).
Du relais intermédiaire, il reste 45 mètres pour accéder à la vire que l'on doit ensuite traverser. Sur la photo du bas, on me voit y arriver (photos J. Estublier).
L'arrivée au bas du rappel de 45 m. Il est préférable de penduler légèrement pour prendre pied sur la vire (photo Jean-René Bouvier).
La vire s'est avérée assez accueillante, et j'ai mis ce qu'il faut pour la parcourir en toute sécurité (photo Jean-René Bouvier).
Le dernier rappel amène non loin du haut de l'arête nord-est, qu'il ne restera plus qu'à descendre à pied (photo Jean-René Bouvier).
De l'arête nord-est, on a une vision terrible sur la falaise que l'on vient de descendre (photo Jean-René Bouvier).
Un observatoire de choix sur un site qui fut exploité intensivement par les Romains pour le mabre et le bois (photo L. Jacquet).
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Pour ceux qui ne veulent pas faire une navette voiture, il existe une possibilité de monter par l'arête est de la Dent de Moirans, anciennement appelée "arête de Roche Rousse". Cet itinéraire a été récemment mis en valeur, nettoyé et balisé par François Lannes, qui en a fait un topo détaillé sur Altituderando. Mais attention, cela représente près de 800 mètres de dénivelé assez raide. À noter qu'il vaut mieux laisser la voiture au début de la route du Petit Port afin de la retrouver plus facilement au retour de Saint-Ours. Du Petit Port, on peut rejoindre le départ de l'itinéraire de François Lannes par un chemin qui part au sud dans le premier lacet de la route.
Cet itinéraire est à découvrir en cliquant sur le lien ci-dessous :
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Option de retour sportive : les rappels du pilier nord du Bec de l'Échaillon et la carrière homonyme
En 2018, j'avais équipé le pilier qui domine la fameuse carrière de marbre de l’Échaillon. Ce site est assez connu, mais les rappels sont restés confidentiels car je n’ai donné les infos qu’à ceux qui me l’ont demandé. C’est à voir ici : echaillon-arches-et-tunnels.html. Il se trouve que l’on peut enchaîner ces rappels à la suite de ceux de la Dent de Moirans, puisqu’ils ne se trouvent à moins de 30 minutes de la chapelle Saint-Ours. Vu qu’on a le matériel, autant en profiter, mais attention, il s’agit d’une descente assez technique avec six rappels (50 mètres maxi). Comme on arrive devant une entrée de la carrière, il faut prévoir de laisser une voiture ou un vélo devant la chaudronnerie Ravannat. La combinaison ainsi réalisée devient une entreprise à ne pas sous-estimer réservée à des alpinistes expérimentés.
Le pilier nord du Bec de l'Échaillon vu du coude de l'Isère. On peut le descendre en rappel à la suite de la Dent de Moirans (infos par l'onglet "contact" de la page d'accueil du blog).