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pascal-sombardier.com

Topos et photos sur la montagne hors des sentiers battus, par l'auteur des Randonnées du vertige

Sentiero dei Camosci

Le Marguareis est un grand massif à cheval sur la France et l'Italie. Le sommet du Marguareis lui-même (2652 m) se trouve à la pointe de la petite corne que dessine la frontière française à l'est du col de Tende. Cet océan de calcaire est assez peu connu des Français, sinon des spéléos qui le considèrent comme l'un des karsts les plus intéressants des Alpes. Les escalades et les randonnées y sont nombreuses, surtout du côté italien, dans une vallée qui a su garder son charme et ses aspects traditionnels, un régal pour les yeux et les papilles. La gastronomie locale, qui n'a rien à voir avec celle des lieux hyper-touristisés d'Italie, nous a particulièrement séduits. C'est lors d'une de nos incursions dans ces montagnes élégantes et paisibles que nous étions tombés par hasard sur une série de panneaux rouges indiquant un sentiero dei Camosci (sentier des Chamois), par ailleurs absent des cartes et des topos locaux. J'ai trouvé ensuite quelques infos sur le Net, assez succinctes, et j'y suis donc retourné sans rencontrer de problèmes, le parcours étant assez évident et bien balisé par les panneaux rouges. Il s'agit d'une sorte de sangle de quelques kilomètres qui se faufile au milieu de grandes falaises. Il n'est jamais très impressionnant ni technique, mais son ambiance ne peut laisser insensible. La rencontre avec le Garbo del Manco, qui perfore des falaises particulièrement lisses et compactes, est un moment inoubliable.

Topo et carte détaillés par simple clic sur le doc ci-dessous :

Viozene devant les sommets du Marguareis. À droite, le Mongioie (2630 m). À gauche, on voit le trou (Garbo del Manco) d'où part le sentier dei Camosci.

Viozene devant les sommets du Marguareis. À droite, le Mongioie (2630 m). À gauche, on voit le trou (Garbo del Manco) d'où part le sentier dei Camosci.

Départ de Viozene, où se trouve l'auberge la plus gastronomique d'Italie (enfin, à mon humble avis).

Départ de Viozene, où se trouve l'auberge la plus gastronomique d'Italie (enfin, à mon humble avis).

La montée au refuge Mongioie se fait sur un agréable sentier.

La montée au refuge Mongioie se fait sur un agréable sentier.

Dans ces montagnes jadis très actives, on trouve un peu partout de belles cabanes d'alpage.

Dans ces montagnes jadis très actives, on trouve un peu partout de belles cabanes d'alpage.

Le gros refuge Mongioie (1520 m), point de départ vers le sommet éponyme.

Le gros refuge Mongioie (1520 m), point de départ vers le sommet éponyme.

L'affluence au refuge Mongioie semble importante, au point que les gardiens ont dû recourir à de nouvelles formes d'hébergement annexes.

L'affluence au refuge Mongioie semble importante, au point que les gardiens ont dû recourir à de nouvelles formes d'hébergement annexes.

Mais nous allons vers des endroits plus calmes. Le Garbo del Manco nous attire comme un aimant.

Mais nous allons vers des endroits plus calmes. Le Garbo del Manco nous attire comme un aimant.

Ces petits panneaux jalonnent le parcours. Il suffit de les suivre.

Ces petits panneaux jalonnent le parcours. Il suffit de les suivre.

Les gradins qui permettent de monter sous le Garbo del Manco sont assez raides, mais bien cairnés par les grimpeurs qui fréquentent la falaise.

Les gradins qui permettent de monter sous le Garbo del Manco sont assez raides, mais bien cairnés par les grimpeurs qui fréquentent la falaise.

Il y a d'ailleurs deux cordées à droite du trou.

Il y a d'ailleurs deux cordées à droite du trou.

On peut dire que le sentier dei Camosci commence vraiment ici, dans cette traversée qui part à gauche du Manco.

On peut dire que le sentier dei Camosci commence vraiment ici, dans cette traversée qui part à gauche du Manco.

Il faut quitter cet endroit fascinant pour s'engager sur des vires descendantes pendant près de deux heures.

Il faut quitter cet endroit fascinant pour s'engager sur des vires descendantes pendant près de deux heures.

À partir du Garbo del Manco, la vire descend de 400 mètres.

À partir du Garbo del Manco, la vire descend de 400 mètres.

On passe derrière cette belle aiguille.

On passe derrière cette belle aiguille.

Et on en redescend facilement.

Et on en redescend facilement.

La vire n'est jamais très aérienne ni technique, mais permet de profiter d'une belle ambiance dans un ensemble de grandes falaises.

La vire n'est jamais très aérienne ni technique, mais permet de profiter d'une belle ambiance dans un ensemble de grandes falaises.

La plupart du temps, on longe le pied des barres supérieures.

La plupart du temps, on longe le pied des barres supérieures.

Le seul passage un peu impressionnant et étroit est équipé d'une corde fixe.

Le seul passage un peu impressionnant et étroit est équipé d'une corde fixe.

Dernière descente "dré dans l'pentu" pour rejoindre le sentier delle Saline.

Dernière descente "dré dans l'pentu" pour rejoindre le sentier delle Saline.

Des abords du col de Carnino, on voit où l'on est passé : sur la vire tout en haut.

Des abords du col de Carnino, on voit où l'on est passé : sur la vire tout en haut.

Petite digression au retour après le col de Carnino : la grotta delle Vene.

Après le passage d'un ravin par une déviation en raison d'une passerelle détruite, on peut faire un court aller-retour dans un raide petit couloir pour voir la grotta delle Vene. L'entrée est abondamment équipée.

Après le passage d'un ravin par une déviation en raison d'une passerelle détruite, on peut faire un court aller-retour dans un raide petit couloir pour voir la grotta delle Vene. L'entrée est abondamment équipée.

Pour pénétrer dans la grotte plus profondément, il faudrait des lampes puissantes que nous n'avions pas ce jour-là, mais il paraît qu'on peut y admirer de belles salles concrétionnées.

Pour pénétrer dans la grotte plus profondément, il faudrait des lampes puissantes que nous n'avions pas ce jour-là, mais il paraît qu'on peut y admirer de belles salles concrétionnées.

Option plus longue : le retour par la gorge et le col delle Saline, le passo del Cavallo et la descente directe sur le refuge Mongioie :

Si on le désire, on peut donc prolonger le plaisir de se faufiler entre ces beaux sommets calcaires en montant la gorge delle Saline jusqu'au pas homonyme, à 2174 m.

Si on le désire, on peut donc prolonger le plaisir de se faufiler entre ces beaux sommets calcaires en montant la gorge delle Saline jusqu'au pas homonyme, à 2174 m.

Du col delle Saline, il faut encore monter un peu sur cette trace ténue et traverser un plateau herbeux à 2400 mètres.

Du col delle Saline, il faut encore monter un peu sur cette trace ténue et traverser un plateau herbeux à 2400 mètres.

On trouvera alors un passage (del Cavallo) pour descendre dans les grandes pentes herbeuses qui dominent le refuge Mongioie et Viozene.

On trouvera alors un passage (del Cavallo) pour descendre dans les grandes pentes herbeuses qui dominent le refuge Mongioie et Viozene.

Le massif du Marguareis : un océan de calcaire.

Le massif du Marguareis : un océan de calcaire.

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I
Bonjour,<br /> <br /> merci pour ce topo ! Dommage qu'on ne l'ait pas lu plus tôt, on était justement dans le secteur mi-juillet ! Ce Garbo del Manco est immanquable dans la falaise ! Nous serions bien passés par là si nous avions su ! Nous n'avons que visité la grotte delle Vene. <br /> Nous avons passé une nuit au refuge Mongioie, et sur place, il y a toutes les infos et tous les topos pour les voies d'escalade au-dessus. En fait, nous avons fait le tour du Marguareis depuis Pian delle Gorre en 7 jours (au lieu de 5, notre fille de 10 ans ayant passé une journée entière à vomir avec de la fièvre lors d'une étape... du coup on a prolongé un peu le trek pour lui laisser le temps de se remettre). Le "Giro del Marguareis" est un trek peu connu des français : on n'a vu que des allemands, italiens, et néerlandais. Et encore, très peu au final, car passé le 15 juillet, les italiens considèrent qu'il fait trop chaud pour randonner dans ces montagnes et ils vont dans les Alpes du Nord. Du coup on a passé des journées à voir entre 0 et 15 personnes entre 2 refuges. Nous n'avons pourtant pas fait de variantes techniques car nous ne voulions pas porter trop lourd (casque et baudrier et corde indispensables par exemple pour le couloir dei Torinesi). Nous avons fait quelques variantes au parcours officiel, mais rien de bien difficile. Pourtant nous avons souvent eu le sentiment d'être seuls dans la montagne (enfin... seuls avec les vautours fauves, les chamois, les marmottes.... et une flore exceptionnelle). L'accueil a toujours été excellent dans les refuges (pour notre fille malade, pour nous renseigner sur nos variantes, pour la nourriture, etc). Plusieurs fois les gardiens de refuge nous ont mis en garde quand on s'éloigne des sentiers pour aller sur des sommets, même aussi faciles que la Cima Pian Ballaur : en cas de brouillard ou nuages, demi-tour fissa fissa obligatoire ! Et pour avoir vu un orage arriver en moins de 30 minutes, le conseil est juste ! Certains endroits malgré les cairns sont probablement très paumatoires en cas de brouillard. Il existe plein d'anciens sentiers (plus ou moins notés sur les vieilles cartes). On en a suivi quelques uns, parfois il restait encore des cairns, parfois non. Parfois il ne restait rien.. Au soleil ça passe à vue. Dans le brouillard, je pense que c'est risquer de se retrouver au milieu de barres rocheuses et de faire le grand saut...<br /> <br /> Concernant les "annexes" du refuge Mongioie, il s'agit en fait de "starbox". Ce sont des tentes en bois pour 2-3 personnes, dont le toit s'ouvre pour admirer les étoiles la nuit. Nous y avons dormi au refuge Mondovi (ils ont les mêmes). C'est top. Les gens les réservent surtout car il y a plus d'intimité que dans un dortoir... et en période de covid, c'est plus sûr aussi ! Cependant, dans tous les refuges, nous avons pu dormir dans un dortoir à part - sauf Don Barbera qui était complet (samedi soir) et la Foresteria de Carnino complet aussi (10 places c'est tout). Tous les autres ont réparti les randonneurs dans des dortoirs séparés selon les groupes ou famille (on n'était jamais plus de 15 le soir en refuge). C'est très appréciable, car ayant travaillé en refuge, je sais ce que cela représente comme boulot le lendemain... En France on n'a pas toujours eu cette chance : covid ou pas, tout le monde dans le même dortoir même si on est que 10 pour 60 places ! D'ailleurs c'est aussi une des raisons qui nous a poussé à choisir de nouveau l'Italie pour notre trek estival annuel. Il y a 2 ans dans l'Argentera on était séparés par famille / groupe. Dormir dans des dortoirs surchargés avec des ronfleurs et des gens malades, ce n'est pas des vacances. Quand notre fille est tombée malade, les autres randonneurs n'aurait pas apprécié son grand seau à vomi dans le dortoir !<br /> <br /> On est partis du refuge de bout de route Pian delle Gorre, où on laisse sa voiture (3,50€ la journée pour le parking, à régler au gérant du refuge, qui nous remet un ticket à mettre sur le pare-brise). Quand on a vu qu'il fallait prolonger notre trek, on lui a envoyé un mail, et du coup il a prévenu le garde du parc du Marguareis pour qu'on n'ait pas d'amende à notre retour, car on avait payé pour 5 jours, pas 7 ! Le garde du parc passe tous les jours pour vérifier les paiements. On a discuté pas mal avec l'un d'eux au retour, il nous a appris plein de choses sur la région. On a dormi à Pian delle Gorre le premier soir, veille du trek (4h de route depuis Grenoble). On y a mangé le dernier jour avant de reprendre la route : très bon repas le soir, et le midi aussi. <br /> <br /> Attention, le réseau ne passe pas partout, ni la 4G. On a passé 2 jours sans réseau, même en refuge. Attention pour les treks avec des ados, ça peut être dur pour eux Lol !<br /> <br /> Quelques troupeaux de vaches sont +/- en liberté dans la montagne. Pas de patous, mais une fois on a vu un gros taureau au milieu du troupeau, donc on a bien pris nos distances....Le refuge Don Barbera est rempli de touristes qui viennent en moto ou en 4x4 par la piste de l'Invasion. Mais passé 17h00, le refuge redevient un vrai refuge, au calme. Ne pas hésiter à traîner pour y monter, en passant par des variantes, pour ne pas être gêné par le public de la journée. Nous sommes passés par une cabane de spéléos, avons visité l'entrée d'une grotte remplie de nids d'hirondelles qui faisaient des aller-retour pour nourrir leurs petits, avons fait la sieste dans l'herbe tranquillement... Plutôt que de suivre le sentier classique.<br /> Quelques infos en français : https://rando.marittimemercantour.eu/itinerance/le-grand-tour-du-marguareis/<br /> Mais il existe de très nombreuses variantes et options, à chacun de se créer son parcours !<br /> Avec un peu de matos, il est possible de varier avec via ferrata ou sentes plus techniques. Et le parc du Marguareis est très propice au hors sentier (toujours à condition qu'il n'y ait pas de nuages).<br /> <br /> Bref, j'invite tous les randonneurs à venir découvrir ce massif ! Et nous y retournerons probablement, ce sentier des chamois est très attirant !!!!
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Merci beaucoup de m'avoir amené à explorer CAMOSCI ROAD à travers le petit écran. C'était l'une des meilleures expériences.
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S
Merci pour cette description originale, pour nous Français.<br /> Ce massif du Margua est vraiment chouette, en rando, à ski, en vélo, et en canyoning.<br /> On a bien fait d'en récupérer une partie en 1947, même si ton itinéraire reste de l'autre côté de la frontière !
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R
Ce Garbo del Manco a l'air fascinant effectivement. J'imagine que son accès est compliqué, mais peut-être l'occasion d'y retourner avec quelques équipements ?
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P
Je pense que ce n’est pas si compliqué d’aller en haut. Comme il y a plusieurs voies de part et d’autre, il y a ce qu’il faut. Les spéléologues y sont allés bien sûr, mais il n’y a pas de grand réseau.