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pascal-sombardier.com

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Topos et photos sur la montagne hors des sentiers battus, par l'auteur des Randonnées du vertige

La glacière de Font d'Urle

Le plateau de Font d'Urle s'est petit à petit imposé dans mon imaginaire. C'est le lieu de tous les imprévus, de toutes les chimères, mais aussi de toutes les satisfactions. On peut y subir des tempêtes dignes du grand Nord ou un soleil à faire pâlir l'Espagne, on y rencontre des hardes de chamois, des attelages de chiens de traîneau, ou des troupeaux de chevaux comme au Far West, on utilise des pas mystérieux oubliés depuis des générations, et surtout, comme dans les Pyramides d'Égypte, on explore des entrailles qui n'ont pas encore livré tous leurs secrets (1). J'en ai révélés quelques-uns dans mon ouvrage Vercors secret (les Cloches notamment), où j'évoquais brièvement la glacière, qui fait partie d'un "circuit du Karst" balisé et destiné aux touristes, sans toutefois les pousser à approfondir (c'est le mot). Une fois dans le tunnel, il n'est pas bien compliqué de descendre dans la "vraie" glacière où, dit-on, les restaurateurs du Royans venaient chercher des pains de glace avec des mules en un temps où les frigos n'existaient pas (mais en fait, les bergers locaux affirment qu'il s'agit d'un mythe. L'endroit est trop loin des routes). Il reste de cette époque de multiples inscriptions émouvantes dont je ne peux retranscrire ici que le centième (merci de respecter ce témoignage du passé et de ne pas ajouter vos propres inscriptions).

La glace se fait rare aujourd'hui, non pas, je pense, à cause du réchauffement (qui serait plutôt bienvenu à Font d'Urle où j'ai connu des -25° accentués par le vent), mais plutôt en raison du manque d'humidité et donc de l'écoulement propice à la formation de stalagmites et de stalactites (qu'ils soient en glace ou en calcaire, le processus est le même). Dans les années les plus humides et les plus froides, j'ai eu la chance d'assister malgré tout à un spectacle féerique que j'ai abondamment photographié, et dont je vous livre ici le modeste résultat, ainsi que quelques photos des reliefs curieux alentour.

1 - Les Chuats, l'un des plus grands réseaux souterrains du Vercors n'a été découvert que dans les années 2000 sur le plateau et son exploration se poursuit aujourd'hui.

Les photos ci-dessous proviennent de plusieurs sorties au cours des 6 dernières années, en hiver comme en été.

La glacière de Font d'Urle n'est qu'à 10 minutes de l'auberge des Dryades située au bout de la route. Mais en hiver, quand le vent souffle et qu'il fait -10°, cela se mérite, surtout que le courant d'air qui traverse le tunnel favorise un tas de neige de plusieurs mètres d'épaisseur à l'entrée.

La glacière de Font d'Urle n'est qu'à 10 minutes de l'auberge des Dryades située au bout de la route. Mais en hiver, quand le vent souffle et qu'il fait -10°, cela se mérite, surtout que le courant d'air qui traverse le tunnel favorise un tas de neige de plusieurs mètres d'épaisseur à l'entrée.

Contraste avec l'été, bucolique et verdoyant. Ici la petite arche à gauche de l'entrée est.

Contraste avec l'été, bucolique et verdoyant. Ici la petite arche à gauche de l'entrée est.

Derrière l'entrée, un tunnel d'une cinquantaine de mètres dont se contentent les touristes de passage. L'entrée de la "vraie" glacière est visible en bas à gauche. La sortie de l'autre côté est possible, mais au prix d'une petite escalade facile.

Derrière l'entrée, un tunnel d'une cinquantaine de mètres dont se contentent les touristes de passage. L'entrée de la "vraie" glacière est visible en bas à gauche. La sortie de l'autre côté est possible, mais au prix d'une petite escalade facile.

En faisant le petit passage d'escalade de l'autre côté du tunnel, on aperçoit en levant les yeux une arche magnifique.

En faisant le petit passage d'escalade de l'autre côté du tunnel, on aperçoit en levant les yeux une arche magnifique.

Il est possible d'aller sur ce pont naturel d'une incroyable finesse.

Il est possible d'aller sur ce pont naturel d'une incroyable finesse.

Le tunnel lui-même forme en hiver une glacière étant donné les courants d'air qui le traversent.

Le tunnel lui-même forme en hiver une glacière étant donné les courants d'air qui le traversent.

Après une période prolongée de grand froid, les formations glaciaires dans le tunnel lui-même peuvent prendre des allures fantasmagoriques.

Après une période prolongée de grand froid, les formations glaciaires dans le tunnel lui-même peuvent prendre des allures fantasmagoriques.

Au milieu du tunnel, il suffit de descendre à gauche. La glacière est là. Une petite corde peut aider s'il y a de la glace au sol, auquel cas les crampons sont également conseillés.

Au milieu du tunnel, il suffit de descendre à gauche. La glacière est là. Une petite corde peut aider s'il y a de la glace au sol, auquel cas les crampons sont également conseillés.

Quelques mètres plus bas, on trouve généralement (du moins après une longue période de grand froid), de jolis alignements de pénitents de glace.

Quelques mètres plus bas, on trouve généralement (du moins après une longue période de grand froid), de jolis alignements de pénitents de glace.

C'était après le glacial mois de février 2012 où la température était tombée à -15° en plaine et à -25° à Font d'Urle...

C'était après le glacial mois de février 2012 où la température était tombée à -15° en plaine et à -25° à Font d'Urle...

La glacière de Font d'Urle
En fin de saison, il ne reste que quelques vestiges au ras du sol.

En fin de saison, il ne reste que quelques vestiges au ras du sol.

Les dents de la terre.

Les dents de la terre.

La glacière de Font d'Urle
La salle n'est pas très profonde (30 mètres) et relativement facile à descendre.

La salle n'est pas très profonde (30 mètres) et relativement facile à descendre.

Au fond et tout en bas de la glacière, sur un mur de calcite tout lisse, se trouvent un grand nombre d'inscriptions qu'on dirait faites à la plume, ou au charbon de bois (?). Les touristes du dix-neuvième siècle, un peu plus audacieux que ceux d'aujourd'hui, venaient là pour noter leurs impressions. Celle-ci est la plus amusante : "Visite de la glacière le 6 mars 1880 par Auguste Roux et son domestique Léon Michaud".

Au fond et tout en bas de la glacière, sur un mur de calcite tout lisse, se trouvent un grand nombre d'inscriptions qu'on dirait faites à la plume, ou au charbon de bois (?). Les touristes du dix-neuvième siècle, un peu plus audacieux que ceux d'aujourd'hui, venaient là pour noter leurs impressions. Celle-ci est la plus amusante : "Visite de la glacière le 6 mars 1880 par Auguste Roux et son domestique Léon Michaud".

"Ferrouillet Albert, garde forestier à Quint, 30 mai 1802". Merci de respecter ces témoignages du passé et de ne pas rajouter vos propres inscriptions !

"Ferrouillet Albert, garde forestier à Quint, 30 mai 1802". Merci de respecter ces témoignages du passé et de ne pas rajouter vos propres inscriptions !

"Casimir Charpenel le 29 août, berger à Fondurle en 1887, 1888 et 89".

"Casimir Charpenel le 29 août, berger à Fondurle en 1887, 1888 et 89".

Bon, ça devait arriver. On ne refera pas l'homme ici...

Bon, ça devait arriver. On ne refera pas l'homme ici...

Marianna se lâche sur l'arche de la sortie ouest.

Marianna se lâche sur l'arche de la sortie ouest.

À voir aussi à propos des grottes glacées : 

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Blast 24/06/2019 17:31

Bonjour, et merci pour votre site.

Auguste Roux et Léon Michaud ont visité la même année (et "graffité") la grotte du berger, située à deux pas (et dont l'accès a également été commenté dans l'un de vos ouvrages me semble-t'il).
On retrouve la trace de Léon en 1888, où il a gravé son nom sur le linteau de la Bergerie de Peau de Meau (RN de Crau)...
Pour finir il terminera "Adjoint spécial", c'est à dire faisant office de Maire, de la commune de Saint-Martin de Crau. Une place y porte encore son nom aujourd'hui et il y repose désormais.