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pascal-sombardier.com

Topos et photos sur la montagne hors des sentiers battus, par l'auteur des Randonnées du vertige

Les vires de la Condamine

Lors de notre défrichage du Dévoluy, l'une de nos plus belles surprises fut la vire supérieure de la Condamine. On a du mal à imaginer que ce trait qui raye la falaise perchée tout en haut de ce versant tourmenté puisse être une large vire herbeuse. L'explication est simple : elle est inclinée vers l'intérieur. On ne s'en rend compte que lorsqu'on est dessus ou depuis la crête. C’est d’ailleurs ainsi que François Lannes la repéra. J'avais évoqué cette vire dans Vertiges d'en haut en préconisant juste une visite AR depuis le haut. J'émettais l'hypothèse d'un accès par le bas, et le vérifiai peu après. Je n'en ai jamais parlé, mais ma remarque a inspiré quelques visiteurs qui semblent avoir utilisé la vire inférieure, plus ordinaire. Les deux vires sont évoquées ici, et même une variante technique utilisant des rappels plus à gauche, l'occasion de contempler une série d'autres curiosités naturelles. Mais comme il s'agit d'une virée dévoluarde assez longue, physique, sauvage et complexe, je donnerai des infos à ceux qui m'en feront la demande par mail (onglet "contact" sur la page d'accueil).

Cette photo montrant François Lannes sur la vire supérieure de la Condamine figurait à la page 103 de mon ouvrage "Vertiges d'en haut" paru en 2010. Peu après, je trouvais un accès depuis la caverne du Four de la Baume permettant de réaliser le circuit évoqué ci-dessous.

Cette photo montrant François Lannes sur la vire supérieure de la Condamine figurait à la page 103 de mon ouvrage "Vertiges d'en haut" paru en 2010. Peu après, je trouvais un accès depuis la caverne du Four de la Baume permettant de réaliser le circuit évoqué ci-dessous.

Le sauvage versant nord-ouest du Faraut et du Pierroux vu de Pellafol. Cherchez la vire supérieure (ou regardez plus bas).

Le sauvage versant nord-ouest du Faraut et du Pierroux vu de Pellafol. Cherchez la vire supérieure (ou regardez plus bas).

Arrivée devant la caverne du Four de la Baume (trois mots signifiant à peu près la même chose (-:)

Arrivée devant la caverne du Four de la Baume (trois mots signifiant à peu près la même chose (-:)

Dans la caverne, on peut monter dans une faille derrière une écaille jusque sur la terrasse en haut du porche.

Dans la caverne, on peut monter dans une faille derrière une écaille jusque sur la terrasse en haut du porche.

De la terrasse en hauteur dans le porche, vue sur le lac du Sautet.

De la terrasse en hauteur dans le porche, vue sur le lac du Sautet.

S'ensuit une traversée commode au pied de la falaise.

S'ensuit une traversée commode au pied de la falaise.

Des gradins herbeux en zigzag permettent ensuite une montée harmonieuse vers les hauteurs.

Des gradins herbeux en zigzag permettent ensuite une montée harmonieuse vers les hauteurs.

Des gradins parfaits...

Des gradins parfaits...

...sauf à quelques endroits où il faut mettre les mains.

...sauf à quelques endroits où il faut mettre les mains.

Mais ça reste bon enfant. Au fond à gauche, l'Obiou.

Mais ça reste bon enfant. Au fond à gauche, l'Obiou.

Ensuite, il faut grimper sur le côté d'un pierrier, sur une trace raide. Ça rigole moins...

Ensuite, il faut grimper sur le côté d'un pierrier, sur une trace raide. Ça rigole moins...

La vire inférieure

Assez évidente, cette vire boisée bien connue des chasseurs de chamois mène dans les pentes herbeuses sous le Faraut. Elle permet un circuit dans des alpages encore actifs, et ce jusqu'à près de 2000 mètres.

En tirant à gauche après le pierrier, on arrive sur cette pelouse, presque incongrue au milieu d'un univers où règnent la verticalité et les reliefs abrupts.

En tirant à gauche après le pierrier, on arrive sur cette pelouse, presque incongrue au milieu d'un univers où règnent la verticalité et les reliefs abrupts.

Une bonne trace de chamois fait suite sur le rebord de la falaise, au-dessus de la caverne du Four de la Baume. Au fond, l'Aiguillette à droite de laquelle on va passer.

Une bonne trace de chamois fait suite sur le rebord de la falaise, au-dessus de la caverne du Four de la Baume. Au fond, l'Aiguillette à droite de laquelle on va passer.

Après l'Aiguillette, il faut descendre un peu dans ce petit vallon.

Après l'Aiguillette, il faut descendre un peu dans ce petit vallon.

Et c'est en remontant le long des barres rocheuses que l'on trouvera cette grotte aménagée par les bergers. Le mur soutient une terrasse qui sert d'abri aux brebis.

Et c'est en remontant le long des barres rocheuses que l'on trouvera cette grotte aménagée par les bergers. Le mur soutient une terrasse qui sert d'abri aux brebis.

Depuis la sortie de la vire supérieure, on voit bien le parcours effectué à la suite de la vire inférieure. Au centre et à droite de l'Aiguillette, le collu qui précède la petite descente avant la remontée vers la grotte au mur.

Depuis la sortie de la vire supérieure, on voit bien le parcours effectué à la suite de la vire inférieure. Au centre et à droite de l'Aiguillette, le collu qui précède la petite descente avant la remontée vers la grotte au mur.

La cabane de berger sous le Faraut, point le plus haut du circuit (1967 m).

La cabane de berger sous le Faraut, point le plus haut du circuit (1967 m).

Retour par l'alpage jusqu'au-dessus de la vire supérieure. Au fond, la montagne de Faraut et ses multiples pointes.

Retour par l'alpage jusqu'au-dessus de la vire supérieure. Au fond, la montagne de Faraut et ses multiples pointes.

La vire supérieure

Je l'ai dit : d'en bas, il semble improbable qu'on puisse évoluer si facilement sur cette rayure qui divise une grande falaise en deux. Mais il s'agit bien d'une vire, parfois large de plus de 30 mètres.

La vire supérieure de la Condamine. Il faut y aller pour le croire. Je l'appelle "la baleine", vous comprendrez pourquoi...

La vire supérieure de la Condamine. Il faut y aller pour le croire. Je l'appelle "la baleine", vous comprendrez pourquoi...

Après une traversée qui demande de l'intuition, quelques gradins mènent dans le ravin au pied de la vire.

Après une traversée qui demande de l'intuition, quelques gradins mènent dans le ravin au pied de la vire.

Ce ravin est revêtu de dalles parfois humides et glissantes.

Ce ravin est revêtu de dalles parfois humides et glissantes.

Il vaut mieux grimper sur les rochers à gauche.

Il vaut mieux grimper sur les rochers à gauche.

On débouche subitement au pied de la vire, qui s'avère nettement plus large qu'on ne peut le penser en la regardant de la vallée..

On débouche subitement au pied de la vire, qui s'avère nettement plus large qu'on ne peut le penser en la regardant de la vallée..

Le début de la vire est assez raide, mais la progression reste aisée.

Le début de la vire est assez raide, mais la progression reste aisée.

C'est la partie centrale qui, en se rétrécissant, fait prendre conscience qu'il s'agit d'une vire en pleine falaise.

C'est la partie centrale qui, en se rétrécissant, fait prendre conscience qu'il s'agit d'une vire en pleine falaise.

Cette partie centrale est la plus aérienne, mais reste bien praticable.

Cette partie centrale est la plus aérienne, mais reste bien praticable.

Une autre fois, à la descente, lors d'un enchaînement des vires inférieures et supérieures en boucle.

Une autre fois, à la descente, lors d'un enchaînement des vires inférieures et supérieures en boucle.

Avant la sortie sur la crête, la vire s'élargit à nouveau.

Avant la sortie sur la crête, la vire s'élargit à nouveau.

Non loin de la sortie, depuis l'Aup, vue sur le pic Grillon (au centre), le Gicon (à gauche) et, tout au fond (de gauche à droite), le Grand Ferrand, les Têtes de l'Aupet et de Lapras, et l'Obiou.

Non loin de la sortie, depuis l'Aup, vue sur le pic Grillon (au centre), le Gicon (à gauche) et, tout au fond (de gauche à droite), le Grand Ferrand, les Têtes de l'Aupet et de Lapras, et l'Obiou.

Le retour par le col de l'Aup et le sentier d'Entre-les-Pas

Si le retour par les alpages est assez simple et parfaitement bucolique, attention au sentier d'Entre-les-Pas qui présente plusieurs passages raides et câblés, et qui se perd parfois. Pour ceux qui souhaiteraient rester les pieds à plat, possibilité de continuer le sentier des Gillardes et de retrouver la piste forestière plus à l'ouest, ce qui est évidemment plus long.

Au retour, début de la progression dans les alpages. Un repos bien mérité...

Au retour, début de la progression dans les alpages. Un repos bien mérité...

Au col de l'Aup, début de la descente sur le sentier des Gillardes, qu'il faudra rapidement quitter pour celui d'Entre-les-Pas.

Au col de l'Aup, début de la descente sur le sentier des Gillardes, qu'il faudra rapidement quitter pour celui d'Entre-les-Pas.

Les passages câblés du sentier d'Entre-les-Pas.

Les passages câblés du sentier d'Entre-les-Pas.

Ma foi, ces câbles sont plutôt bienvenus.

Ma foi, ces câbles sont plutôt bienvenus.

La fontaine de l'Ours...

La fontaine de l'Ours...

Fin de l'aventure sur la piste forestière, face au pic Grillon.

Fin de l'aventure sur la piste forestière, face au pic Grillon.

Option technique : les rappels du ruisseau de l'Aup

Nous avions équipé ces rappels au milieu des années 2000 en cherchant ce que les chasseurs appellent le « Petit Passage » (le Grand Passage étant le pas de l’Arche). En fait, ça ne passe pas à la montée, et il est probable que le Petit Passage soit plutôt la vire inférieure de la Condamine, puisqu’il n’y a pas d’autres possibilités dans ce versant. Quoi qu’il en soit, ce parcours que nous avons effectué plus d'une fois en descente à l'aplomb de la grande baume (laquelle est visitable au passage en aller-retour) est magnifique et utilise notamment une belle vire entre les rappels.

Le premier rappel se fait dans la faille en haut à gauche et permet de prendre pied sur une étroite vire qu'il faut suivre jusqu'au goulet de la cascade.

Le premier rappel se fait dans la faille en haut à gauche et permet de prendre pied sur une étroite vire qu'il faut suivre jusqu'au goulet de la cascade.

Le troisième rappel dans le goulet où se forme une cascade de glace l'hiver.

Le troisième rappel dans le goulet où se forme une cascade de glace l'hiver.

Le profil d'indien de l'arche du Serre du Coin.

Le profil d'indien de l'arche du Serre du Coin.

Le village de Pellafol vu à travers l'arche.

Le village de Pellafol vu à travers l'arche.

Les monolithes des Blanchards, une curiosité à voir absolument entre le ruisseau de l'Aup et la caverne du Four de la Baume.

Les monolithes des Blanchards, une curiosité à voir absolument entre le ruisseau de l'Aup et la caverne du Four de la Baume.

Un champ de grandes pierres dressées qui évoque certains sites mégalithiques de la Préhistoire.

Un champ de grandes pierres dressées qui évoque certains sites mégalithiques de la Préhistoire.

Tombée de plus haut, ou décollée par l'érosion ?

Tombée de plus haut, ou décollée par l'érosion ?

Et pour finir, à nouveau la caverne du Four de la Baume, éclairée cette fois par la lumière du soir. Cette cavité reste un mystère, car les explorations menées en 1997 et 1998 par des équipes de spéléos n'ont pas expliqué d'où venait l'eau qui en jaillit avec force après une pluie. Il a fallu des escalades délicates pour remonter un réseau vertical de 115 m qui s'arrête malheureusement sur une étroiture infranchissable.

Et pour finir, à nouveau la caverne du Four de la Baume, éclairée cette fois par la lumière du soir. Cette cavité reste un mystère, car les explorations menées en 1997 et 1998 par des équipes de spéléos n'ont pas expliqué d'où venait l'eau qui en jaillit avec force après une pluie. Il a fallu des escalades délicates pour remonter un réseau vertical de 115 m qui s'arrête malheureusement sur une étroiture infranchissable.

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