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pascal-sombardier.com

Topos et photos sur la montagne hors des sentiers battus, par l'auteur des Randonnées du vertige

Vires à gogo

Je me suis fait un petit plaisir avec ce spicilège de vires aériennes, depuis la Savoie jusqu'au Maroc. J'ai déjà évoqué ou décrit la plupart d'entre elles, mais peut-être ces morceaux choisis donneront-ils quelques idées à ceux qui recherchent de fortes émotions dans une nature en majesté. Il ne s'agit pas d'un répertoire de toutes les vires existantes. Le choix est personnel, déterminé par mes photos, l'intérêt et la beauté des sites, leur caractère aérien et vertigineux.

Cette pratique des "randonnées du vertige" est soumise à quelques règles élémentaires. D'abord, elle ne s'adresse pas aux randonneurs classiques, mais à des personnes ayant un pied très sûr, une bonne accoutumance au vide et, dans certains cas, une connaissance des méthodes d'assurage, voire des manœuvres de corde. D'autre part, elle ne peut se faire sans une certaine expérience du terrain, ni sans une aptitude à se repérer et à évaluer difficultés et dangers potentiels.

Attention : le GPS n'est pas adapté au milieu vertical. Il arrive de plus en plus souvent que des personnes s'égarent sur des vires en se fiant uniquement à un tracé GPX et se retrouvent bloqués dans des endroits dont ils ne peuvent redescendre. Ces situations peuvent occasionner des opérations de sauvetage complexes, sinon des drames. Merci à tous ceux qui publient des topos sur ce genre d'itinéraire de penser à ce problème et à réserver les tracés GPX aux randos classiques.

Enfin, il faut songer que nous ne sommes pas seuls sur ce terrain. La fréquentation des vires est déconseillée de mi-novembre à mi-mai, période de reproduction des chamois et bouquetins. D'une manière générale, il convient de rester discret et de ne pas débarquer en  groupes importants. Certaines zones sont interdites ou réglementées en raison de la présence d'oiseaux. Voir à ce sujet des éléments sur cette page de mon blog et sur https://biodivsports-widget.lpo-aura.org/

Des liens renvoient à diverses informations complémentaires en fin de page.

En Haute-Savoie, la vire sud de la Croix de Fer permet de rejoindre, en passant sous l'aiguille d'Aujon, les crêtes de l'Aup de Véran. Vu l'exposition au-dessus d'une grande falaise, il est préférable de s'y assurer sur une vingtaine de points en place. Grande ambiance assurée...

En Haute-Savoie, la vire sud de la Croix de Fer permet de rejoindre, en passant sous l'aiguille d'Aujon, les crêtes de l'Aup de Véran. Vu l'exposition au-dessus d'une grande falaise, il est préférable de s'y assurer sur une vingtaine de points en place. Grande ambiance assurée...

Près de Genève, le Salève est sans doute l'endroit où a commencé la recherche de vires pour le simple plaisir de les parcourir. À l'époque, les pratiquants avaient assez peu de notion de sécurité et les accidents ont été nombreux sur ces passages très exposés. Ici, dans le secteur du Sphinx, la vire du Bonhomme impose quelques contorsions...

Près de Genève, le Salève est sans doute l'endroit où a commencé la recherche de vires pour le simple plaisir de les parcourir. À l'époque, les pratiquants avaient assez peu de notion de sécurité et les accidents ont été nombreux sur ces passages très exposés. Ici, dans le secteur du Sphinx, la vire du Bonhomme impose quelques contorsions...

La Chartreuse est célèbre pour ses sangles. Toutefois, la plupart de ceux-ci sont des dévers herbeux peu vertigineux où la progression est relativement aisée, surtout qu'ils sont pratiqués de longue date et bien tracés. Certaines vires sont un peu plus étroites et vertigineuses que d'autres, comme ici le sangle du Jardin à Chamechaude.

La Chartreuse est célèbre pour ses sangles. Toutefois, la plupart de ceux-ci sont des dévers herbeux peu vertigineux où la progression est relativement aisée, surtout qu'ils sont pratiqués de longue date et bien tracés. Certaines vires sont un peu plus étroites et vertigineuses que d'autres, comme ici le sangle du Jardin à Chamechaude.

La vire est de la Dent de Crolles fait partie des passages les plus aériens de la Chartreuse, surtout au début, depuis qu'un effondrement a compliqué la progression au point d'imposer l'usage d'un câble.

La vire est de la Dent de Crolles fait partie des passages les plus aériens de la Chartreuse, surtout au début, depuis qu'un effondrement a compliqué la progression au point d'imposer l'usage d'un câble.

Le Vercors, plus étendu, recèle infiniment plus de richesses en la matière, parfois dans des endroits confidentiels.

Le Vercors, plus étendu, recèle infiniment plus de richesses en la matière, parfois dans des endroits confidentiels.

Certaines vires sont nées de la fréquentation de falaises par les grimpeurs. La plus connue est celle du "Fou qui repeint son plafond" à Presles.

Certaines vires sont nées de la fréquentation de falaises par les grimpeurs. La plus connue est celle du "Fou qui repeint son plafond" à Presles.

On pense à tort que les environs de Grenoble sont moins intéressants que le reste du Vercors. En fait, on y trouve quelques-unes des vires les plus aériennes dans des endroits très sauvages, comme ici sous le pic Saint-Michel.

On pense à tort que les environs de Grenoble sont moins intéressants que le reste du Vercors. En fait, on y trouve quelques-unes des vires les plus aériennes dans des endroits très sauvages, comme ici sous le pic Saint-Michel.

Tout le Balcon Est du Vercors est sillonné de vires, comme ici celle du Grand Couloir au Gerbier.

Tout le Balcon Est du Vercors est sillonné de vires, comme ici celle du Grand Couloir au Gerbier.

Mais le must est la "Belle Traversée" entre pas Morta et Ranc Traversier, soit plus de 3 km de vires souvent étroites et exposées dans une ambiance à couper le souffle. Il s'agit d'un des plus longs et des plus impressionnants parcours de vires des Alpes. À ne pas mettre entre toutes les mains toutefois...

Mais le must est la "Belle Traversée" entre pas Morta et Ranc Traversier, soit plus de 3 km de vires souvent étroites et exposées dans une ambiance à couper le souffle. Il s'agit d'un des plus longs et des plus impressionnants parcours de vires des Alpes. À ne pas mettre entre toutes les mains toutefois...

La portion la plus "accessible" de cette Belle Traversée se trouve sous les Rochers de la Peyrouse. Mais même là, il convient d'être attentif...

La portion la plus "accessible" de cette Belle Traversée se trouve sous les Rochers de la Peyrouse. Mais même là, il convient d'être attentif...

Depuis le pas de Serre-Brion et sous la crête du Ranc Traversier, la vire aux Ancolies est relativement plus aisée, mais reste très aérienne (description dans "Alpes, randos insolites et spectaculaires").

Depuis le pas de Serre-Brion et sous la crête du Ranc Traversier, la vire aux Ancolies est relativement plus aisée, mais reste très aérienne (description dans "Alpes, randos insolites et spectaculaires").

La monumentale face est du Grand Veymont, point culminant du Vercors, est entièrement traversable par une vire qui nécessite du matériel par endroits. Grande ambiance et sensations garanties !

La monumentale face est du Grand Veymont, point culminant du Vercors, est entièrement traversable par une vire qui nécessite du matériel par endroits. Grande ambiance et sensations garanties !

Le Dévoluy était resté quasiment inconnu jusqu'en 2005, date à laquelle nous avons commencé à en recenser les possibilités, inaugurant certains itinéraires souvent très alpins, ou retrouvant d'anciens passages utilisés par les chasseurs et les bergers. Ici, le Ruban Long du Pierroux, l'une de nos plus belles découvertes.

Le Dévoluy était resté quasiment inconnu jusqu'en 2005, date à laquelle nous avons commencé à en recenser les possibilités, inaugurant certains itinéraires souvent très alpins, ou retrouvant d'anciens passages utilisés par les chasseurs et les bergers. Ici, le Ruban Long du Pierroux, l'une de nos plus belles découvertes.

Le sentier de la Baronne consiste en une longue traversée du versant trièvois du Dévoluy, dans un environnement particulièrement spectaculaire. Toutefois, malgré un vide de plus de 1000 mètres, les passages vraiment vertigineux sont rares. La trace faite au XIXe siècle pour les troupeaux de moutons traverse en effet la plupart du temps des pentes herbeuses, certes très raides.

Le sentier de la Baronne consiste en une longue traversée du versant trièvois du Dévoluy, dans un environnement particulièrement spectaculaire. Toutefois, malgré un vide de plus de 1000 mètres, les passages vraiment vertigineux sont rares. La trace faite au XIXe siècle pour les troupeaux de moutons traverse en effet la plupart du temps des pentes herbeuses, certes très raides.

Les vires diagonales du pic Ponsin en Dévoluy offrent un parcours à la fois logique, ludique et parfois délicat, qui n'avait apparemment pas été parcouru avant une incursion solitaire en 2009, que je raconte dans "Vertiges d'en haut".

Les vires diagonales du pic Ponsin en Dévoluy offrent un parcours à la fois logique, ludique et parfois délicat, qui n'avait apparemment pas été parcouru avant une incursion solitaire en 2009, que je raconte dans "Vertiges d'en haut".

Contrairement à la plupart des itinéraires dévoluards, ces vires du pic Ponsin sont plutôt herbeuses, ce qui n'enlève rien à leur caractère aérien.

Contrairement à la plupart des itinéraires dévoluards, ces vires du pic Ponsin sont plutôt herbeuses, ce qui n'enlève rien à leur caractère aérien.

Les strates régulières du Dévoluy autorisent toutes les audaces. Certaines ont été retaillées pour servir de passages importants entre les villages, comme ici le large sentier des Bans entre Rabou et Chaudun.

Les strates régulières du Dévoluy autorisent toutes les audaces. Certaines ont été retaillées pour servir de passages importants entre les villages, comme ici le large sentier des Bans entre Rabou et Chaudun.

Les reliefs granitiques de l'Oisans sont peu propices à la formation naturelle de vires, mais certains chemins anciens utilisaient des corniches retaillées pour faciliter la liaison entre villages et alpages. Le meilleur exemple en est le Balcon du Vénéon qui relie Saint-Christophe aux Deux-Alpes.

Les reliefs granitiques de l'Oisans sont peu propices à la formation naturelle de vires, mais certains chemins anciens utilisaient des corniches retaillées pour faciliter la liaison entre villages et alpages. Le meilleur exemple en est le Balcon du Vénéon qui relie Saint-Christophe aux Deux-Alpes.

Mais malgré tout, dans les Écrins, il arrive que l'on rencontre de beaux trottoirs en plein vide au hasard d'approches ou de randonnées sauvages...

Mais malgré tout, dans les Écrins, il arrive que l'on rencontre de beaux trottoirs en plein vide au hasard d'approches ou de randonnées sauvages...

Dans les Préalpes de Digne, les passages secrets du Géruen utilisent des vires d'une grande pureté, pratiquement invisibles du bas.

Dans les Préalpes de Digne, les passages secrets du Géruen utilisent des vires d'une grande pureté, pratiquement invisibles du bas.

Plus au sud encore, vers Barcelonnette, le chemin de Costebelle servait aux bergers qui gardaient leurs brebis dans des alpages enclavés. Ceux-ci seraient restés difficiles d'accès sans quelques aménagements sommaires.

Plus au sud encore, vers Barcelonnette, le chemin de Costebelle servait aux bergers qui gardaient leurs brebis dans des alpages enclavés. Ceux-ci seraient restés difficiles d'accès sans quelques aménagements sommaires.

Les gorges de l'Ardèche sont un spot majeur pour la recherche d'arches et de vires. Celles-ci sont souvent équipées par les randonneurs et grimpeurs locaux et sont l'occasion de nombreux parcours particulièrement sportifs.

Les gorges de l'Ardèche sont un spot majeur pour la recherche d'arches et de vires. Celles-ci sont souvent équipées par les randonneurs et grimpeurs locaux et sont l'occasion de nombreux parcours particulièrement sportifs.

Les Calanques de Cassis ont été explorées très tôt par les grimpeurs et les randonneurs marseillais, qui y ont créé de nombreuses traversées au-dessus de la mer. La vire du Grand Rappel domine En Vau, la plus célèbre des calanques, et peut se prolonger par celle des Écureuils (voir lien plus bas).

Les Calanques de Cassis ont été explorées très tôt par les grimpeurs et les randonneurs marseillais, qui y ont créé de nombreuses traversées au-dessus de la mer. La vire du Grand Rappel domine En Vau, la plus célèbre des calanques, et peut se prolonger par celle des Écureuils (voir lien plus bas).

C'est cependant dans les falaises Soubeyranes, de l'autre côté de Cassis, que l'on trouve les reliefs les plus spectaculaires et les vires les plus aériennes. Cela tient au fait qu'il sagit de grès, roche particulièrement tendre sculptée par l'érosion (les descriptions des itinéraires les plus marquants se trouvent dans "Alpes, randos insolites...").

C'est cependant dans les falaises Soubeyranes, de l'autre côté de Cassis, que l'on trouve les reliefs les plus spectaculaires et les vires les plus aériennes. Cela tient au fait qu'il sagit de grès, roche particulièrement tendre sculptée par l'érosion (les descriptions des itinéraires les plus marquants se trouvent dans "Alpes, randos insolites...").

La Corse étant essentiellement granitique, elle offre peu de possibilités en matière de vires. il arrive cependant qu'on y trouve de belles surprises, comme cette ceinture du Castellu d'Ornucciu qui surplombe les gorges de la Vacca, haut-lieu du canyonisme sur l'île (ref : "Corse insolite" de Charles Pujos, éd. Glénat, 2008).

La Corse étant essentiellement granitique, elle offre peu de possibilités en matière de vires. il arrive cependant qu'on y trouve de belles surprises, comme cette ceinture du Castellu d'Ornucciu qui surplombe les gorges de la Vacca, haut-lieu du canyonisme sur l'île (ref : "Corse insolite" de Charles Pujos, éd. Glénat, 2008).

L'une des vires les plus pures que je connaisse est celle des Contrebandiers en Italie. Il est en effet assez rare de trouver une telle continuité et une telle verticalité dans ce type de parcours. Il faut dire qu'elle a été notablement retaillée pour faciliter une progression de plusieurs kilomètres dans la grande falaise qui domine la rive droite du lac de Garde.

L'une des vires les plus pures que je connaisse est celle des Contrebandiers en Italie. Il est en effet assez rare de trouver une telle continuité et une telle verticalité dans ce type de parcours. Il faut dire qu'elle a été notablement retaillée pour faciliter une progression de plusieurs kilomètres dans la grande falaise qui domine la rive droite du lac de Garde.

Les Dolomites regorgent de vires en tous genres. La plupart sont exploitées par des via ferrata très prisées des Italiens. Cela n'enlève rien à leur caractère aérien et spectaculaire. Ces aménagements permettent en outre d'accéder plus facilement dans des falaises qui atteignent parfois 1500 mètres de hauteur et plusieurs kilomètres de large. Ici les Bocchette Centrali, l'un des plus célèbres passages en vire du massif de la Brenta.

Les Dolomites regorgent de vires en tous genres. La plupart sont exploitées par des via ferrata très prisées des Italiens. Cela n'enlève rien à leur caractère aérien et spectaculaire. Ces aménagements permettent en outre d'accéder plus facilement dans des falaises qui atteignent parfois 1500 mètres de hauteur et plusieurs kilomètres de large. Ici les Bocchette Centrali, l'un des plus célèbres passages en vire du massif de la Brenta.

L'une des via ferrata qui utilisent au mieux les vires parfaites des Dolomites est sans doute la Lipella dans la massive face ouest de la Tofana di Rozès, haute de 700 mètres. On traverse intégralement celle-ci en utilisant au début des installations militaires datant de la Première guerre, et on passe ensuite de vire en vire sur toute la largeur de la paroi, soit plus de deux kilomètres.

L'une des via ferrata qui utilisent au mieux les vires parfaites des Dolomites est sans doute la Lipella dans la massive face ouest de la Tofana di Rozès, haute de 700 mètres. On traverse intégralement celle-ci en utilisant au début des installations militaires datant de la Première guerre, et on passe ensuite de vire en vire sur toute la largeur de la paroi, soit plus de deux kilomètres.

La Sardaigne, mal connue des Français, nous a récemment révélé ses trésors et ses couleurs. On y trouve les plus grandes arches d'Europe, mais aussi des randonnées extrêmement sauvages qui utilisent des vires improbables encore utilisées par des bergers et leurs chèvres. Ici, la vire de Su Marinau dans le Selvaggio Blù.

La Sardaigne, mal connue des Français, nous a récemment révélé ses trésors et ses couleurs. On y trouve les plus grandes arches d'Europe, mais aussi des randonnées extrêmement sauvages qui utilisent des vires improbables encore utilisées par des bergers et leurs chèvres. Ici, la vire de Su Marinau dans le Selvaggio Blù.

Toujours en Sardaigne, dans la vallée de Lanaitho, le canyon du Badde Pentumas est équipé sur sa rive droite d'un parcours artisanal de type via ferrata. C'est l'occasion de progresser sur quelques vires mémorables...

Toujours en Sardaigne, dans la vallée de Lanaitho, le canyon du Badde Pentumas est équipé sur sa rive droite d'un parcours artisanal de type via ferrata. C'est l'occasion de progresser sur quelques vires mémorables...

Contrairement à ce que pensent la plupart des Français, une grande partie de l'Espagne regorge de reliefs tourmentés dans des régions très sauvages. On y trouve quelques-unes des plus belles structures d'Europe : arches, monolithes, canyons, vires... Tout est fait pour le plaisir des yeux et des pieds. Le site le plus connu est la Sierra de Guara, dans laquelle s'étend le Mascùn, l'un des plus grands canyons d'Europe. On peut profiter de ce site depuis ses hauteurs en suivant de magnifiques "cornisas".

Contrairement à ce que pensent la plupart des Français, une grande partie de l'Espagne regorge de reliefs tourmentés dans des régions très sauvages. On y trouve quelques-unes des plus belles structures d'Europe : arches, monolithes, canyons, vires... Tout est fait pour le plaisir des yeux et des pieds. Le site le plus connu est la Sierra de Guara, dans laquelle s'étend le Mascùn, l'un des plus grands canyons d'Europe. On peut profiter de ce site depuis ses hauteurs en suivant de magnifiques "cornisas".

En Espagne, à l'ouest de Barcelone, s'étend la Serra de Montsant. Je ne pense pas qu'il y ait un massif plus propice au parcours de vires. Elles sont si parfaites et adaptées à la randonnée qu'on y trouve de multiples itinéraires, appelés ici des "graus" officialisés par un Parc naturel.

En Espagne, à l'ouest de Barcelone, s'étend la Serra de Montsant. Je ne pense pas qu'il y ait un massif plus propice au parcours de vires. Elles sont si parfaites et adaptées à la randonnée qu'on y trouve de multiples itinéraires, appelés ici des "graus" officialisés par un Parc naturel.

L'île de Ténérife dans les Canaries est parcourue par de nombreux itinéraires escarpés taillés dans la lave. 200 mètres au-dessus de la mer, cet invraisemblable balcon traverse une longue et grande falaise avant d'arriver au port de los Gigantes.

L'île de Ténérife dans les Canaries est parcourue par de nombreux itinéraires escarpés taillés dans la lave. 200 mètres au-dessus de la mer, cet invraisemblable balcon traverse une longue et grande falaise avant d'arriver au port de los Gigantes.

Les Portugais sont des maçons. Sur les chemins escarpés de Madère, taillés dans la lave, le moindre endroit vertigineux est taillé, sécurisé, et les montées sont équipés d'escaliers. On y trouve souvent des ouvriers solitaires (avec la casquette et la brouette) qui vous demandent quelques euros pour contribuer à cet entretien permanent. C'est notamment le cas sur le sentier très fréquenté du Pico Ruivo, point culminant de l'île.

Les Portugais sont des maçons. Sur les chemins escarpés de Madère, taillés dans la lave, le moindre endroit vertigineux est taillé, sécurisé, et les montées sont équipés d'escaliers. On y trouve souvent des ouvriers solitaires (avec la casquette et la brouette) qui vous demandent quelques euros pour contribuer à cet entretien permanent. C'est notamment le cas sur le sentier très fréquenté du Pico Ruivo, point culminant de l'île.

Au Monténegro, les gorges de la Mrvica (prononcer Mervitsa) offrent un parcours long de 12 km entre des falaises hautes de plusieurs centaines de mètres, où certaines portions du chemin ont été lourdement taillées.

Au Monténegro, les gorges de la Mrvica (prononcer Mervitsa) offrent un parcours long de 12 km entre des falaises hautes de plusieurs centaines de mètres, où certaines portions du chemin ont été lourdement taillées.

Tailler un passage si large dans la Mrvica était sans doute destiné à faire passer des mulets et des charettes, comme dans certains massifs français (sentier des Bans en Dévoluy, sentier de la Mâture dans les Pyrénées, etc.).

Tailler un passage si large dans la Mrvica était sans doute destiné à faire passer des mulets et des charettes, comme dans certains massifs français (sentier des Bans en Dévoluy, sentier de la Mâture dans les Pyrénées, etc.).

Dernière incursion dans la verticalité, cette fois au-delà des frontières de l'Europe : les greniers d'Aoujgal, perchés sur une vire qui n'a rien à envier à celles du Vercors ou des Dolomites, et sur laquelle les agriculteurs venaient entreposer leurs récoltes.

Dernière incursion dans la verticalité, cette fois au-delà des frontières de l'Europe : les greniers d'Aoujgal, perchés sur une vire qui n'a rien à envier à celles du Vercors ou des Dolomites, et sur laquelle les agriculteurs venaient entreposer leurs récoltes.

Il existe un bon moyen de savoir quel rôle ont joué les vires dans une région ou un massif par les noms que les habitants leur ont donné. C'était un élément de leur vie quotidienne, puisqu'ils les utilisaient dans leurs activités de bergers ou de chasseurs. Le cas le plus intéressant est le nord de l'Espagne (où l'on parle catalan et aragonais). On y trouve faja, faixa, feixa, feixant, balconada, cornisa, grau, cingle... Ce dernier mot est à rapprocher du provençal "cengle", utilisé notamment à la Sainte-Victoire, des "sangles" de Chartreuse (nom masculin) et des "cengie" italiennes (du latin cingulum = ceinture). En Sardaigne, où des chevriers les utilisent toujours pour se déplacer avec leurs bêtes, on trouve "istrada".

Les mots "ranc" et "bans" se retrouvent assez souvent, dans le Vercors ou les Hautes-Alpes par exemple. Dans ces deux régions, j'ai noté que les mots faïsse et fesse apparaissaient parfois (par exemple col des Faïsses sous l'Obiou en Dévoluy, Rochers de la Fesse (Saint-Quentin) et Faisses du Géant (Clelles) en Vercors). Les locaux m'ont dit que ces mots désignaient des bandes praticables à travers les barres rocheuses, où allaient les bergers avec leurs troupeaux. Ces mots pourraient bien avoir la même étymologie que ceux qui sont utilisés en Espagne du nord (faixa, feixant, etc), et probablement à rapprocher du mot faisceau.

La plupart de mes photos ont été publiées soit dans mes ouvrages (essentiellement Les randos du Vertige, Chartreuse inédite, Vertiges d'en haut, Alpes randos insolites et spectaculaires, Vercors secret, Dolomites...), soit dans la presse (Montagnes Mag surtout), soit sur ce blog. Je mets ici les liens qui en parlent (du nord au sud, comme pour les photos) :

Sur l'origine des noms qui désignent une vire

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N
Merci pour ce beau spicilège :)
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P
https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/spicil%C3%A8ge/74201